Ultravoice (Avi Levi) nous présente son deuxième album sur Com.pact, masterisé par Lior Perlmutter (Astral Projection).
Tous les titres sont signés Ultravoice, à l'exception du numéro 5, un remix d'un titre original de Bizzare Contact, présent sur leur premier album, Plastic Fantastic, et du numéro 6, réalisé avec Kyo Log (Leon Gossler).
Pas de perte de temps superflue avec Ultradrive : Ultravoice vous entraîne directement dans la danse, vous offrant un niveau de production exceptionnel. C'est aussi un indice du nouveau style que l'on peut attendre de lui tout au long de ce nouvel album, qui a peu de points communs avec le premier, « Magic Sound Factory », et qui confirme le nouveau tournant pris par son récent titre, « Dr Trance ».
Sur ce premier album, mon seul reproche concerne le sample « and now everyone on the dancefloor », qui me semble galvaudé, dépassé. Pour le reste, rien à redire. Il s'agit d'une production mélodique, groovy et intense, avec un lead acide et une intro flottante assez longue jusqu'au sample précédemment exposé vers 2'20.
ADN, très similaire dans ses sonorités, remonte au sample précédent sans aucune partie flottante, mais avec un lead plus saccadé, plus rapide et nerveux ; bien sûr, le sample « dna » est présent ici.
Art Of Voice, toujours dans un style mélodique, groovy et intense, se distingue cette fois par un lead cuivré, revenant également à une période flottante. On remarque facilement ici une marque de fabrique d'Ultravoice, présente de manière plus ou moins constante sur tous ses morceaux : l'utilisation de sons de fond ou de lead très courts qui se terminent tous sèchement (un cut assez brutal).
L'action commence vers 0'15 avec un effet rythmique saturé d'échos, pas très long, rassurez-vous, c'est comme quand on appuie sur le contacteur ou le démarreur pour démarrer. Le morceau est facilement reconnaissable grâce à ses nombreuses sonorités tordues et amusantes (métalliques et/ou cuivrées), notamment grâce aux samples « Action… Action… Action… » ou parfois « Action or stand by ». Comme souvent chez Ultravoice, on assiste à un climax final explosif qui débute après le break, vers 4’20.
Au début, je n’ai pas vraiment saisi le remix d’Ultravoice sur ce morceau, car la mélodie est toujours jouée de la même manière, avec exactement le même lead. De plus, je n’ai pas remarqué de changement rythmique notable.
Ce n’est qu’à 3’00, dans une partie assez calme du morceau, que j’ai vraiment compris qu’il confère une légère touche groovy et entraînante à cette production, mais c’est assez subtil ailleurs. C’est peut-être simplement le signe que le morceau est bien fait et qu’Ultravoice a réussi à ne pas dénaturer l’esprit (les qualités) de l’original.
Tactic Mind est composé de Kyo Log et, malheureusement, j'apprécie toujours moins quand ils font équipe, comme c'est souvent le cas. C'est encore le cas ici, à cause de leads horribles que je ne supporte pas du tout.
Les morceaux qui se suivent ne se ressemblent pas, Flight To Space est l'un de mes préférés. Les premières fois, elles ne sont ni particulièrement géniales ni originales pour une production d'Ultravoice, mais elles deviennent indéniablement plus intenses. Mais même si je n'aimais pas les leads du morceau précédent, j'apprécie maintenant celui qui apparaît vers 3'20, que je qualifierais de cosmique, matinal et flottant (et saccadé aussi). Le break annonçant le climax est composé d'un sample de voitures qui accélèrent, rappelant un peu ce qui se passe dans Phreaky – Tornado.
Voici le remix de probablement le meilleur morceau qu'Ultravoice ait fait avant de préparer cet album : Dr Trance. Alors, quoi de neuf ? Je dirais en effet qu'il n'y a pas eu trop de changements, juste quelques ajustements, quelques embellissements comme l'ajout d'une rythmique de fond et l'utilisation d'un spectre sonore plus large (en conservant presque tous ceux de l'original, je crois). Disons simplement qu'avec ce remix, on a une version deluxe de Dr Trance.
La très bonne surprise vient de la version ambient de Children Of Earth, dont honnêtement, je n'attendais pas grand-chose. Plus qu'une ambiance, je dirais plutôt un downtempo. On retrouve certains leads d'Ultravoice de l'original, mais avec une rythmique exotique. Ultravoice joue également avec le désaccordage des basses métalliques à partir de 5 minutes environ, un voyage musical aérien et agréable (à quand un album ambient-downtempo complet d'Ultravoice ?).
Pour résumer le contenu musical et la qualité d'Art Of Voice, je comparerais cet album à une compétition de 800 mètres où Ultravoice devrait être celui qui démarre bien mais trop vite (Ultradrive), brûlant immédiatement une grande partie de son énergie et perdant son endurance. Du coup, il doit se calmer un peu afin de retrouver, pendant quelques mètres (ou ici, les morceaux : DNA, Art Of Voice), un second souffle (ou une inspiration comme dans le remix d'Action & Drop It), indispensable pour terminer la course dans les temps en offrant un dernier rush (Flight To Space, DR Trance rmx et Children Of Earth version ambient) et avoir une chance de rejoindre ses adversaires.
En effet, je ne m’attendais pas à un aussi bon album que Art Of Voice d’Ultravoice même s’il devrait quand même mieux exploiter son potentiel musical selon moi, c’est juste dommage que la durée totale du film soit très courte, environ 62 minutes.