Borbetomagus & Voice Crack – Asbestos Shake – (1991)
Après l’incroyable « Fish That Sparkling Bubble » de quatre-vingt-huit que je vous avais présenté il y a quelques temps, voici un autre album enregistré par la même (malfaisante) compagnie : Borbetomagus & Voice Crack, c’est-à-dire les mêmes, une sorte de récidive, quoi… Je vous avais quitté en notant un goût de « On y reviendra », alors chouette, nous y voilà !
A l’avant le quartet Borbetomagus, Jim Sauter et Don Dietrich aux saxos de tous styles, le guitariste Donald Miller et le bassiste Adam Nodelman. Et, pour « Voice Crack », les deux mêmes gars, Andy Guhl et Norbert Möslang, à l’électro, aux bruitages, pour un son bien noisy, millésimé quatre-vingt-onze, capté live au « Stutz » de Zürich le douze décembre quatre-vingt-dix.
Ces gars-là suivent leur route et font leur chemin sans trop se préoccuper de ce que l’on pense d’eux, « l’enfer c’est les autres » avait dit l’autre. Alors ils proposent leur mixture savante propre à décrasser les neurones. C’est bien là leur fonction, leur rôle social, participer au décrassage des masses, enfin à ceux qui sont parvenus jusqu’à eux, en suivant, eux-aussi, leur route et leur chemin…
Cet album fonctionne comme une purge, une catharsis, il remet les pendules à l’heure, ni heure d’hiver, ni heure d’été, mais du naturel… Après la séance, on comprend davantage l’intérêt et on se sent mieux et même bien, prêt à repartir vers les voyages musicaux les plus incroyables et innovants, comme après avoir appuyé sur la touche « Reset » et rétabli les fonctions d’origine !
Ne pas hésiter à pousser le son, à envoyer du lourd qui tâche, à déstabiliser le confort, place à l’heure mécanique, métal, à l’ère de la tronçonneuse, au son qui dérange et embrouille, une fois le cerveau bien net, vidangé, alors goûter au son nouveau !