Sur Ascend, le fruit Vôdûn n’est plus seulement d’un beau rouge qui donne envie de croquer dedans à belles dents :il est à présent tout à fait mûr, sans plus aucun arrière-goût de cueilli-trop-tôt-sur-l’arbre. Certes, peut-être aurait-on pu se passer du léthargique « Time Honoured », ainsi que de l’entrelacs de mini-solos batterie / guitare / batterie / […] alourdissant « Rituals ». Mais ce n’est pas ce que l’on retientde l’écoute de cette sémillante nouvelle sortie. Car on reste médusé qu’un si gros son puisse provenir d’un simple trio sans basse. Puis captivé par la présence de la chanteuse Oya, par le feeling de la batteuse Ogoun et le mélange de profondeur fangeuse et de tranchant métallique des riffs deGhede. Et l'on finit enivré par ces contrastes juteux (sensualité mystérieuse Vs lourdeur sabbathienne sur « Ogoun’s Flight », insouciance insulaire Vs caoutchouc fondu sur « Elusive Freedom »), ces quelques accélérations quasi-thrash, ces judicieuses interventions de saxo, ces épopées « Barbarellesques » flirtant avec le répertoire de Chrome Hoof (« Spirit Pasts »), et ces refrains enlevés (« Ascend »…). Médusé, captivé, enivré, et au final carrément émoustillé. Damned : depuis quand les envoûtements vaudou sont-ils aphrodisiaques ?