Squaremeat (Pepe Kosminen) nous livre avec Astronomical Coffee Break son 4e album : un voyage dans la psytrance funky finlandaise.
1 Platypus s'ouvre sur une ligne de basse groovy agrémentée d'un synthé imitant le chant des oiseaux. On y découvre d'étranges samples de grognements vers 1'10. Puis c'est au tour du synthé métallique d'apparaître, suivi bientôt d'une basse funky. Le morceau évolue rapidement vers une partie d'effets rapidement bidouillés. On remarque des percussions trop discrètes en arrière-plan rythmique, des sonorités stridentes pour un break rapide à 4'50, ainsi qu'un lead éthéré (à partir de 5'15) qui apporte plus de profondeur au contraste harmonique. Enfin, le morceau devient plus psychédélique, tordu par les sons, sur la fin après 6'15. Personnellement, je ne l'aurais pas placé en première position ; il aurait été plus judicieux de le placer en milieu/seconde partie, afin d'éviter un début trop mental à mon avis ; mais on peut bien sûr écouter l'album dans un ordre aléatoire si on le souhaite.
2 Liukutaklaus aborde des horizons percutants et énergiques avec une ligne de basse funky incontrôlable, agrémentée d'une rythmique poussée : une profusion de hits métalliques tranchants et des claquements aigus euphoriques. Dès 3'07, les percussions commencent à résonner, suivies de quelques bips sonores. La mélodie de 5'10 crée une atmosphère de fantôme sympathique et farceur, avec un effet écho-ping-pong basé sur deux leads qui vous emmène jusqu'à la fin. Ce morceau correspond bien plus à mes goûts que le précédent.
3. Dans Front Side Ronck’n’Roll, la première impression est la chaleur et la profondeur de la ligne de basse. La seconde, amusante cette fois, est un petit son tourbillonnant d'oiseaux, un peu canari. À 1'34, un lead funkadélique typique vous emporte, accompagné du son chantant et bleepy du canari, qui persiste. Il est remplacé à partir de 2'20 par un lead complètement distordu et dévasté, puis ce dernier à son tour par un joli effet ascendant sur une nappe ondulante (à partir de 2'45), lui-même remplacé par des riffs de guitare funkadéliques essayant d'imiter le bleep du canari (à partir de 3'12). À 4'32, la ligne de basse devient plus grondant, comme si elle cherchait à devenir plus sérieuse, sans compter le bleep malicieux du canari, toujours actif. À 5'33, un break inattendu, bon et drôle, se produit et je crains que ce canari n'ait finalement réussi à s'échapper de sa cage pour retrouver la liberté juste après, avec un plaisir évident et non dissimulé (6'36).
Un morceau très divertissant et amusant à écouter.
4 Static Traffic propose d'abord une atmosphère très nerveuse basée sur un synthé répétitif, hargneux et bidouillé à 0'30. Puis, un ton funkadelic plus classique arrive. Après une concentration sur la rythmique, un nouveau lead arrive, mais je ne l'apprécie pas (une sorte d'atmosphère psyfunky sombre était probablement souhaitée). Cette partie ne me prend pas, trop longue. À 4'20, les choses reviennent à la normale pour mes tympans avec une ambiance funkadelic trance plus classique, mais cela ne dure pas longtemps car à 5'40, on revient un peu à cette tentative de psyfunk plus sombre mentionnée précédemment. Mais ce n'est pas fini ; le morceau final est particulièrement brut et, par conséquent, horrible à mon avis.
Je pense vraiment que Squaremeat aurait pu faire plus d'efforts sur ce morceau, c'est décevant ; un remix pourrait probablement donner quelque chose de décent.
5 Une sorte d'oscillation électrique sous forme de synthétiseur est présente tout au long de l'album, amplifiée et multicouche à 2'20. On peut également ajouter 303 lignes à 1'30, ainsi qu'une atmosphère rock globale et des riffs de guitare électrique tendus et secs, légèrement atténués, à 0'35 et à plusieurs autres reprises. Après 5'00, place à un climax étrange avec quelques sons rauques et un court sample très klonk, presque compréhensible mais tellement étrange. Le tout est évidemment soutenu par un groove funkadelic, assez gras.
6 Squaremeat continue sur sa lancée avec des sonorités puissantes dans 2.2 Tango : on a bien une rythmique latine, mais pas du tango. À 2’17, un orgue lumineux et pétillant arrive et délivre une mélodie feu follet. Puis, à 2’45, des sonorités indus douces et robotiques s’intègrent en arrière-plan.
À partir de 4’15, on perçoit des influences E.B.M., plus de rigueur dans les sons et une atmosphère pachydermique. À 6’35, le morceau avance d’un pas vers une ambiance robotique-funky.
7 Un joli carillon joyeux en intro, indispensable pour se mettre de bonne humeur. Sinon, Shinkansen Rmx est un cran au-dessus du psychédélisme par rapport aux autres morceaux, très planant avec une basse rebondissante et des synthés qui rappellent le travail de Texas Faggot. Les sonorités sont ici plus brutes, plus brutes. L’esprit funky est toujours présent, mais plus discret et difficile à saisir ; de plus, l'harmonie est plus agressive que le contenu global de l'album avec l'utilisation de nombreux sons acides et stridents.Ce n'est pas un mauvais morceau pour autant, au contraire, il apporte une diversité bienvenue à l'album.
8 Pure Caffein est l'une des perles rares de l'album grâce à une belle mélodie de flûte flottante qui confère également une touche goa au morceau. Les sonorités employées sont très lumineuses, assez psychédéliques, énergisantes et en même temps très relaxantes. L'ensemble dégage une impression de légèreté. C'est une construction musicale vraiment intéressante et réussie.
9 Go Away est différent, avec un groove gras et des percussions aux sonorités house et des samples de jungle cries un peu étranges, comme à 2'25. À partir de 5'25, des sonorités plus tordues apparaissent et l'harmonie devient plus complexe, conférant une touche hypnotique au groove. Avec Squaremeat, attendez-vous à un moment où les choses deviennent funky, comme c'est le cas à 6'33. À 9'00, un lead supplémentaire s'ajoute à la texture sonore déjà très riche du morceau, plus rauque, mais qui annonce aussi une fin imminente.
10 For Queen Of The Night propose des riffs de guitare funky et métalliques efficaces dès 1'10, qui donnent envie de bouger, voire de danser, un orgue étouffé et muet à 1'48, un synthé miaulant à 2'25, typique de Funkadelic, puis des éléments s'entremêlent, et bien sûr des samples de voix répétés à plusieurs reprises, dont l'étrange « you got milk », et bien sûr « Queen of the night ». C'est un morceau trance, disco-funk, positif et joyeux qui conclut l'album.
Points culminants : 3, 5, 8, 10
Choix alternatifs : 6, 7, 9
Mention spéciale à la pochette inventive et délirante.
N'oubliez pas que le CD vous offre également la possibilité, grâce à un lien, de télécharger 8 titres bonus. Vous aimez la psytrance finlandaise ? Vous aimez les influences funky ?
Si vous avez deux réponses positives, vous êtes prêt à passer une pause café astronomique avec Squaremeat.