Simon Goubert – Background – (2008)
On reste dans le même cousinage puisque Simon Goubert a participé à l’album d’Emmanuel Bex, en tant que batteur, instrument dont il joue le plus souvent, comme ici, mais Simon est également claviériste, ainsi il a joué entre quatre-vingt et quatre-vingt-sept dans le groupe « Offering » de Christian Vander, qu'il retrouve entre quatre-vingt-douze et quatre-vingt-dix-sept, toujours aux claviers, au sein des « Voix de Magma » puis de « Magma », et encore récemment, sur « Zëss (Le Jour Du Néant) ».
Concédons qu’on le voit mal piquer la place du bouillonnant batteur au sein de ce groupe mythique ! Pour Simon Goubert le coup de foudre est arrivé lors d’un concert à Rennes, en soixante et onze, où il fut subjugué par le jeu de Kenny Clarke qui jouait en compagnie de Slim Gaillard et Sam Stewart. Il a toujours ce concert en tête, et, ce soir-là, il déclara à son père, « « Je serai batteur de jazz ! »
Mais c’est également un bon compositeur, il est l’auteur de six des huit titres, « Hackensack » est de Monk et « Souvenirs d’Almati » est co-signé avec Michel Zenino. A l’écoute on réalise de temps en temps que c’est un authentique album de batteur, et ça régale, comme sur « C’est là, Quelquefois » ou « Souvenirs d’Almati », mais un peu partout, même discrètement, il brille avec finesse et efficience.
L’album se nomme « Background » et, à l’intérieur du livret, Simon prend le temps d’expliquer les différentes nuances de ce mot, je n’y reviens pas, mais un petit coup d’œil sur les musiciens qui l’entourent renseigne déjà sur sa fidélité, en matière de « background » !
Il y a Pierrick Pedron aux saxos alto et soprano, Boris Blanchet au sax ténor, Emmanuel Codjia à la guitare, encore un excellent guitariste français, Sophia Domancich est au piano, Michel Zenino à la contrebasse, quant au batteur je vous laisse deviner. L’album est paru en deux mille-huit sur le très regretté « Chant du Monde », l’un des labels les plus innovants qui ait existé.
On pourrait même ajouter qu’être présent sur ce label pouvait déjà attirer l’attention du curieux musical et le guider, car il n’y avait pas trop de nanars dans cette écurie, malgré un très vaste périmètre musical. Celui-ci, par son exemple, illustre parfaitement le propos.
Au titre des curiosités, il y a un hommage à Elton Dean. « Mister Dean », le célèbre membre de Soft Machine entre autres, qui fut un ami proche avec lequel il avait formé le groupe « Soft Bounds », on peut trouver l’album « Live At Le Triton 2004 », témoin de cette période, de ce background…
Un chouette album, avec une pièce finale un peu à la dérive, elle se nomme… « Background » !