Bill Frisell – Before We Were Born – (1989)
La période de la fin des années quatre-vingts est souvent très intéressante concernant la musique enregistrée de Bill Frisell, il sort d’une intense pratique aux côtés de John Zorn qui bouscule pas mal l’ordre des choses et, surtout, semble vouloir tout autoriser, les audaces et l’apparent désordre des choses…
Le voici entouré de ses habituels accompagnateurs d’alors, le violoncelliste Hank Roberts, le bassiste Kermit Driscoll et le batteur Joey Baron. Mais il faut également ajouter l’invité de passage, Arto Lindsay, avec sa guitare électrique, ses talents d’arrangeur sur les trois titres où il contribue. Il est même l’auteur des paroles du titre final, « Steady, Girl » dont Frisell a composé la musique.
Cet album n’est donc pas académique, et c’est très bien, ainsi il conserve cet aspect un peu « à côté » qui distingue singulièrement l’excellent Frisell, on s’y régale comme sur le mystérieux « The Lone Ranger » qui s’étire en longueur, où sur le morceau titre qui ouvre l’album, « Before We Were Born ».
« Hard Plains Drifter » dont le sous-titre est : « Alors que je rends mon dernier souffle et que la corde se resserre, les événements incroyables de ces trois derniers jours défilent sous mes yeux. » Pièce arrangée par John Zorn qui porte les stigmates du sorcier, nous sommes peu après la période « Spillane » avec ses collages, ses brefs élancements et ses virages à quatre-vingt-dix degrés.
Il y a également « Love Motel » qui va bien et le curieux « Some Song And Dance » avec des invités prestigieux, Julius Hemphill à l’alto qui est également le soliste principal, Billy Drewes à l’alto également et Doug Wieselman au sax baryton qui ajoute une nouvelle palette à un album qui n’en manque pas.
Une très belle pièce de la discographie Frisellienne !