Mal Waldron Trio – Blood And Guts – (1970)
Cet album est issu d’un enregistrement public au centre Culturel Américain de Paris, alors un haut lieu du jazz contemporain. Il s’est effectué le douze mai de l’année mille neuf cent soixante-dix et se présente comme un nouveau fleuron du label d’avant-garde « Futura ». C’est évidemment Gérard Terronès qui produit l’album, ce dernier sera affublé de la certification « FUTURA GER 13 ».
Il semble que ce soit là le tout premier enregistrement du pianiste en live, il est épaulé par deux fabuleux musiciens français qui sont également exceptionnels, se hissant au niveau du pianiste et participant, de fait, à un enregistrement marquant.
Il s’agit de Patrice Caratini à la contrebasse et de Guy Hayat à la batterie. Ce dernier est un habitué du rôle, il joue en effet en soutien du pianiste But Powell qu’il accompagne fréquemment.
Les enregistrements Futura en version vinyle ne suivent pas le même ordre que ceux réédités, plus trad, en Cd. Il est donc difficile de dire quel est l’ordre historique des pièces, mais on conviendra qu’il n’y a rien là de véritablement important.
« My Funny Valentine » est la seule reprise, standard des standards signé Rodgers et Hart. Ici la version est assez originale et déborde un peu des cadres habituels, s’échappant des habitudes et s’étalant sur une longue durée, plus de quatorze minutes. Pourtant ce n’est pas ce dont nous nous souviendrons le plus, car les trois autres compos de Mal Waldron sont véritablement magnifiques.
« Down At The Gill’s » pourrait faire penser à une architecture rock, tellement le titre balance, on se confronte d’entrée à une des qualités de cet album, la prise de son de la contrebasse de Caratini est un modèle du genre, grain fin et basse ronde, pièce d’anthologie à haute énergie.
« Blood and Guts » qui donne son nom à l’album est très grave, de haute tenue, et véritablement magnifique, tout comme « La Petite Africaine » qui donne envie de balancer la tête et de taper du pied. Cet album est une véritable réussite de la discographie de Mal Waldron qui est coutumière des cimes et des sommets, il est vrai !