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Rock n'roll niggaaaaas

Avis sur Body Count

Avatar Le Rêveur
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Avant Body Count, les noirs faisaient du rap et les blancs du rock ou du métal.

C'est du moins le cliché que tout le monde baladait à cette époque, le dieu OVNI Jimi Hendrix étant l'exception qui confirmait la règle.

Et puis Ice T le rappeur au pédigrée bien rempli, a décidé de tordre le cou aux préjugés.

Et quand je dis tordre le cou, c'est pas une métaphore.

Il a réuni une équipe de tueurs afin de balayer au bazooka cette espèce de ségrégation musicale.

Ernie-C et D-Roc à la guitare M60, Mooseman à la basse lance flamme (il sera victime collatérale d'une fusillade à South Central en 2001) et Beatmaster-V à la batterie B52.

En un album rap-metal contestataire, ils ont ravagé tous les codes pour nous pondre un trésor musical, le tout 8 mois avant Rage against the machine, le groupe blanc un peu plus funk mais globalement aussi fusion, qui a raflé tous les lauriers avec eux aussi leur premier album (voir ma critique).

C'est toujours pareil, les blacks inventent tout et les blancs ramassent le pognon et les honneurs, c'est comme ça depuis Elvis.

Mais Body Count restera dans les annales, avec des bijoux comme une intro coup de feu dans la tronche (littéralement) avant un Body Count's in the House qui donne le rythme, Body Count meilleur morceau de l'album avec des solos guitare et batterie façon jazz fallait oser, du délire avec KKK bitch ou Ice T nique la fille d'une grand sorcier du Klan (Charlton Heston et le NRA apprécieront moyen) et Evil dick où il parle de... bref. Le tout entrecoupé d'extraits ou de dialogues qui visualisent la société encore très ségrégué des États-Unis

Les textes sont évidemment révolutionnaires, complainte sur la misère des ghettos mais aussi la révolte de noirs américains toujours laissés sur le carreau dans un pays "où il y a plus de noirs en prison qu'à l'université" pour citer Body Count.

A noter le morceau Cop Killer qui a valu un procès à Body count parce qu'ils appelaient à tuer les flics qui commettaient des violences policières. La justice américaine (et Georges Bush père, et Charlton Heston, bref tout ce que l'amerique compte comme reacs) ne trouvant visiblement des circonstances atténuantes que pour des policiers blancs rapides de la gâchette et ne comprenant pas le second degré, Ice-T ecoeure par l'affaire et les menaces de mort, retire le morceau et le remplace par Freedom of speech avec un sample de... Jimi Hendrix (quel hasard !). On peut trouver Cop Killer sur le net, et c'est un des meilleurs morceau de l'album.

Voilà, régalez vous avec cette album précurseur qui n'a pas pris une ride.

Et fuck la censure et les stéréotypes.

Motha fuckaaaa.

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