Broken Jazz
-
Broken Jazz

Album de Kanine (2013)

Kanine, mon cerveau devient fatigué, un peu las, comme des filigranes qui s’effilochent, implacablement, le temps passé s’étiole. Kanine, un nom de groupe, un album que j’avais coché sur la liste d’attente d’un site marchand, au cas où… En principe je ne le fais que pour les trucs sérieux, ceux qui m’interpellent, souvent une écoute, parfois une lecture, de temps en temps les deux…


Une mauvaise nuit, lever nocturne, l’ordi, la boîte, un message, un Cd de Kanine dispo aux States, le brouillard… Je commande, j’ai confiance. Pourtant je n’ai aucun souvenir de ce qui se cache derrière le patronyme, je décide de laisser le temps faire… Comme souvent, le temps c’est ce qu’il me reste encore…


Quelques semaines après il arrive, je le dépose sous la pile. Il dort quelques jours, et puis cette petite voix qui me dit « Attention, il y a un gars là bas, aux States qui veut savoir si le Cd est arrivé, peut-être même qu’il attend ton évaluation… » C’est con, j’ai toujours répondu à ces sonnettes là, un vieux reste de morale, juste essayer d’être honnête et réglo, c’est sûr : c’est vraiment con.


Je décide de le tirer de la pochette transparente, CD, CDR ? Je n’en sais rien mais il est accroché solidement sur une sorte de téton sur lequel il faut appuyer avec force pour l’extirper du support récalcitrant. Le Cd est sommaire : deux volets en carton épais, à l’intérieur, du carton brut et le CD. Au verso une série limitée notée à la main, 44/50. Petit tirage confidentiel, le label : Norwegianism Records, le CD date de 2012, Kanine est un duo : Art’ au sax et Sheik Anorak à la batterie. Le label est hollandais et les musiciens sont français, ils viennent de Lyon.


Alors ? C’est de l’impro, d’un bout à l’autre, j’aime écouter ce genre d’album, le temps s’efface et se dilate, on peut également dire qu’il se contracte, quand l’affaire est terminée. C’est juste une parenthèse, un peu comme boire un coup ou tirer sur un oinj… Ça me fait toujours cet effet là, le casque sur les oreilles je me plonge dans le son, je m’oublie dans la musique, j’ouvre les esgourdes et je m’offre, dispo pour ce qui se présente… Je ne juge pas, juste ressentir… Le sax qui s’évertue sans s’essouffler, les fûts qui poussent, qui fractionnent le temps en petites secousses, les paysages qui défilent, les séquences qui s’enchaînent.


Celui-ci passe vite, il est un peu tribal, jungle, animalier, il respire l’Afrique, l’exotisme. On pense inévitablement aux autres duos sax/batterie qui ont marqué l’histoire du jazz, celui-ci, finalement est moins sauvage que beaucoup d’autres, il ne s’échappe pas dans le cri où dans la plainte, juste sculpte, peint ou dessine. Et c’est déjà beaucoup !

Créée

le 25 mars 2017

Critique lue 92 fois

xeres

Écrit par

Critique lue 92 fois

3
9

Du même critique

Lanquidity

Lanquidity

10

xeres

2173 critiques

Un voyage dans le "Space-Jazz-Rock"...

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a parcouru, lu et écrit l'histoire du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue...

le 28 févr. 2016

Bitches Brew

Bitches Brew

10

xeres

2173 critiques

Critique de Bitches Brew par xeres

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté de la pochette créée par Mati Klarwein. On la devine symbolique, plus particulièrement quand elle s’offre déployée, pochette gatefold ouverte. On...

le 5 mars 2016

Both Directions at Once: The Lost Album

Both Directions at Once: The Lost Album

10

xeres

2173 critiques

Critique de Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse »,...

le 2 juil. 2018