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Buck Fever par stupidocratie

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Même si je me gave perpetuellement des albums Quadropus et Palace of Mirrors (albums plus récents du groupe), je ne peux m'empêcher de parler de ce Buck Fever (contrepeterie mal-t-a propos) qui m'a fait découvrir Estradasphere et sa musique multi-genre teintée d'humour geek.

J'avoue que maintenant j'ai beaucoup de mal a écouter cet album ... pour utiliser une comparaison culinaire, il s'agirait d'un bon gros gâteau à la crème, avec dedans du Mr Bungle, du jazz, du black-metal, de la new-age, de la surf-music, des intermèdes fleurant le jeu-vidéo 8bit ... ça fait beaucoup pour un être humain

Je connais Buck Fever un peu par coeur, j'aurai donc du mal à distinguer le bon grain de l'ivraie. Là ou Estradaphere progresse par rapport à It's Understood, c'est par son côté moins jazz élitiste : c'est plus accessible, l'excellent saxo de John Whooley se mêle à des compositions plus homogènes et enjouées, même si elles restent complexes dans leurs structures.

La touche Estradasphere est bien présente : basse / contrebasse, violon, guitare, saxo pour des compositions longues (8 minutes en moyenne) aussi déstabilisantes que jouissives (Buck Fever, The Dapper Bandits, Meteorite Showers, The Bounty Hunter).

Les gars de Santa Cruz se lancent également dans le Black-Metal caricatural avec The Silent Elk of Yesterday dans lequel ils abusent des stéréotypes du genre (voix féminines intriguantes, claviers mystiques, blast beats et growls de rigueur) de façon tellement sérieuse qu'ils en sont crédibles

SuperBuck II est une excellente reprise de la musique de Mario Bros 2 (pour moi un classique jazz désormais) ; l'intro de Millenium Chid est Bunglesque comme il faut avant de partir dans un délire jazz (et le clin d'oeil au générique de Beverly Hills) ; l'enchainement Burnt Corpse (trip death-metal de quelques secondes) Epic Doobie (encore un standard jazz légèrement saturé avec une pointe d'easy listening pour le fun) est savoureux ; Bride of The Buck arrive comme un cheveu sur la soupe avec son style new-age hippie ; A Very Intense Battle nous replonge dans le black-metal avec passages tribaux (dispensable); Feed Your Mama Meters [Remix 2001] reste très intéressante malgré les beats technos ringards dispensés le long de la chanson.

L'album se conclue de façon mystique par What Deers May Come, une de mes chansons préférées de l'album (allez savoir pourquoi !)

Le tout est saupoudré de petits passages rappelant le goût du groupe pour les jeux vidéos (et les musiques 8 bits-like) : Crag Lake, Trampoline Klan, Green Hill.

Buck Fever est un album lourd et long (1h15) à assimiler, défaut qu'Estradasphere effacera heureusement avec ses albums suivants

Mais la qualité musicale du groupe n'est désormais plus à prouver !

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