Eyvind Kang – Chirality – (2019)
Je vous avais déjà présenté un album d’Eyvind Kang, « The Story of Iceland », paru sur Tzadik en l’an deux mille, un bel album original et plaisant. Avec « Chirality » nous sommes en face d’un projet encore plus grandiose, avec, tout de même, pas mal de moyens qui sont à l’œuvre…
Je pense surtout au « MG_INC Orchestra » qui compte vingt-deux musiciens, formant une section de cordes et une autre de bois, ainsi que d’instruments complémentaires.
Eyvind Kang chapeaute le projet, dirige en utilisant la chironomie, c’est-à-dire les mouvements des mains, il joue également deux solos d’alto et a composé la plus grande partie des pièces.
Alan Bishop est le vocaliste, il apporte également le « field recordings » sur la première piste. Marco Dalpane joue de l’accordéon, du moog et du synthé. Les forces en place sont considérables et nous plongent un peu loin des musiques improvisées.
Nous sommes parfois éloignés de l’ambient contemplatif, le meilleur exemple en est certainement la courte pièce chantée « What’s A Difference ? » plutôt pop et très sympa. Mais ce qui caractérise le plus souvent Eyvind Kang c’est son appartenance à une sorte d’avant-garde qui se manifestait, autrefois, dans sa proximité avec John Zorn.
L’œuvre est donc extrêmement écrite et consiste en une plongée plutôt cool, bien que parfois énergique, à l’écoute de la masse déjà évoquée, qui avance souvent mollassonne et uniforme.
Le lyrisme est cependant sauvegardé grâce aux couches supérieures des sons qui s’échappent et construisent des structures aux doux effets. S’entendent parfois des chœurs et une organisation qui évoque la musique classique, mais sans tomber dans l’académisme.
Car il y a tout de même pas mal de modernité ici, sans véritables audaces cependant, et la séduction pourtant réelle ne produit guère de bouleversements… (le coup de sabot à la fin, quelle rouerie!)