Il est toujours dans la pile et pourtant je l’ai déjà écouté quatre ou cinq fois, je ne m’en lasse pas, il y a des moments où il devient évident sur la platine, c’est comme ça… il faut dire que Michael Mantler est dans mon panthéon, sans avoir tout écouté de lui j’ai parcouru sa discographie avec assiduité, et cet album se place haut.
Bien qu’il y ait des cordes et une formation classique assez étoffée, seize musiciens me semble-t-il, cet album sonne jazz, les cordes et l’orchestre de jazz, comprendre « avec » et même « ensemble », car c’est un tout remarquable, une fusion réussie, une sorte d’aboutissement pour ce « third stream » dont on parlait tant autrefois !
Michael n’a pas composé sur cet opus, il a rassemblé de vieilles compos qu’il a retravaillées, triturées, arrangées, transformées, jusqu’à ce qu’il soit satisfait, ensuite il est passé par Vienne pour l’enregistrement et les studios "la Buissonne" pour le mix et la masterisation, pour nous offrir cette petite merveille hors des modes et du temps.
Cinq pièces s’enchaînent, chacune avec son style et sa singularité, mais toutes possèdent en commun ce brillant mélange où jazz et orchestre à corde fusionnent en un seul tout, de façon à réunir tous les instruments autour du même autel, ce hautbois sonne -t-il jazz ou classique, et cette trompette ? cette guitare n’improvise-t-elle pas ?
Le travail d’écriture est cependant remarquable et véhicule un grand nombre d’émotions au fil de l’album, la pureté du son ECM est au rendez-vous, chaque section est très audible. De nombreuses variations stylistiques interviennent et tout est mouvant, bouge, se déplace, on entend en solo particulièrement la trompette de Michael Mantler et la guitare de Bjarne Roupé, mais aussi la flûte et le hautbois.
Un album qui me rappelle que j’ai loupé le « Jazz Composer’s Orchestra Update », je m’étais promis de l’acquérir lors de sa sortie, mais il n’est jamais trop tard…