Mary Halvorson est guitariste et compositrice, elle a côtoyé et joué avec les plus grands, Anthony Braxton, Tim Berne, John Tchicai, Noël Akchoté, Marc Ribot pour n’en citer que quelques-uns, mais il faudra rajouter aujourd’hui Robert Wyatt qui fait une apparition sur trois des huit titres de cet album.
Mary Halvorson est désormais à la tête d’une discographie conséquente, elle s’est fait un nom grâce à son jeu de guitare entre rock et avant-garde. Mais, sur cet album, elle est à la tête de la formation « Mary Halvorson's Code Girl » avec laquelle elle a déjà sorti un premier album en 2018, seuls changements, le trompettiste Adam O’Farrill remplace Ambrose Akinmusire et Maria Grand intervient au saxophone ténor et au chant.
Il faut souligner également la présence de Robert Wyatt dont le timbre est absolument intact, sans doute y a-t-il un peu moins de souffle dans la voix mais la magie opère avec force. Dans les notes de pochette Mary compare cette présence à un rêve qui devient réalité, on la comprend, c’est toute la magie du Canterbury qui se déverse aux côtés de l’une des représentantes du rock ou du jazz le plus actuel.
Le format de cet album est assez « rock Indépendant », à savoir des chansons, souvent bidouillées, où la voix d’Amirtha Kidambi s’impose avec talent et un certain classicisme teinté d’audaces ponctuelles. Cependant ce cadre est souvent mis à mal par les improvisations de Mary Halvorson dont la magie opère par une déstructuration organisée qui étonne et surprend, puis fascine car un fragile équilibre s’établit et maintient l’édifice.
Il faudrait ajouter les noms de la section rythmique également, le subtil et coloriste Tomas Fujiwara à la batterie et l’économe Michael Formanek à la basse, tous deux à l’origine des fondations. A noter un livret comprenant les paroles et un bon de téléchargement accompagne le vinyle.