Dewey Redman – Coincide
Toujours issu de la même inspiration, voici « Coincide » de Dewey Redman, un « Impulse » sorti en 1975, son second sur ce label culte. Le saxophoniste a joué avec Ornette Coleman et on se souvient de sa magnifique participation sur « The Survivors' Suite » de Keith Jarrett qu’il a illuminé de toute sa classe. On pense également à son album « Tarik » dans la série « Actuel » sur Byg Records. C’est aussi le père du saxophoniste Joshua Redman.
Ici il joue, outre du saxo, de la clarinette sur "Somnifacient" et du sitar sur deux morceaux, il est entouré par Ted Daniel à la trompette, Leroy Jenkins au violon, Sirone à la basse et Eddie Moore à la batterie et aux percussions. L’enregistrement s’étant étalé sur deux jours, Leroy Jenkins n’apparaît que sur deux titres, certains sont joués en quintet, en quartet ou encore en trio. Le titre « Phadan-Sers » est même joué en solo par Dewey au sitar, un moment à part, mais sympa de l’album.
Du coup les deux faces sont assez différentes, la première, composée de trois titres, est très free et la seconde moins échevelée, d’accès plus aisé et réserve quelques moments forts de l’album comme le fougueux « Qow » d’une durée de dix minutes qui termine le disque en apothéose.
Les deux premiers titres sont joués par le quintet dans son ensemble, « Seeds and Deeds » qui ouvre l’album est torride, les soli se succèdent sur un tempo ultra rapide, mis à part la section rythmique qui reste dans son rôle de soutien. « Somnifacient » qui suit est plus recueilli tout en incluant des moments de déstructuration, Leroy Jenkins lors de ces deux pièces nous livre un éventail de son savoir-faire, ça grince parfois mais j’aime bien.
Un album riche de climats divers et même antagonistes, mais l’unité reste-là tout de même.