Covers, Vol. 2 de Sleeping At Last est exactement le genre de projet qui donne l'impression d'être dans un film où rien de dramatique n'arrive, mais où tout est quand même émotionnellement chargé... Ryan O'Neal prend des morceaux connus et les dissout dans son esthétique habituelle : pianos lents, cordes discrètes, atmosphère cotonneuse, et une voix qui semble toujours à deux pas d'une confession intime...
L'intérêt principal de l'album tient dans cette relecture. « Chasing Cars » devient presque méconnaissable dans sa retenue, « Never Tear Us Apart » perd son urgence rock pour devenir une ballade fragile, et « Rainbow Connection » glisse dans une mélancolie inattendue... Le procédé fonctionne surtout parce que Sleeping At Last ne cherche pas à moderniser les morceaux, mais à les neutraliser émotionnellement pour les reformuler dans un langage homogène...
C'est aussi là que les limites apparaissent... L'uniformité esthétique finit par lisser les contrastes entre les chansons... Un titre de George Michael, un morceau de Kelly Clarkson ou une chanson de Kermit finissent par partager la même température émotionnelle, comme si tout avait été filtré à travers une seule lampe de chevet un peu trop douce... L'album devient cohérent, mais au prix d'une certaine redondance...
On peut y voir deux lectures. Soit c'est une qualité : une signature sonore assumée, presque thérapeutique, qui transforme des chansons populaires en objets contemplatifs. Soit c'est une faiblesse : une esthétique si stable qu'elle absorbe les différences des œuvres originales...
Dans tous les cas, la sincérité du projet est difficile à contester. Il n'y a pas de cynisme, pas de volonté de démonstration technique... Juste une relecture affective, très propre, parfois trop contenue pour vraiment surprendre...