Arthur Doyle et Sunny Murray sont parisiens quand ils se sont réunis pour enregistrer ce « Dawn Of a New Vibration » pour Fractal Records, qui sortira en l’an deux mille. L’année suivante ils enregistreront un autre album ensemble « Live At Glenn Miller Café » qui sera enregistré en Suède et paraîtra chez « Ayler Records » alors que ce label n’était pas encore devenu français. Ce sont me semble-t-il les deux seuls albums où ils sont réunis.


Sunny Murray, dans mon univers, fait partie des pionniers du free jazz, disons acteur majeur de la vague qui déferla après 1964, sans remonter aux origines Colemaniennes. Pièce essentielle de l’« Albert Ayler Trio » il révolutionna le jeu de la batterie et plus particulièrement des cymbales, dont il jouait de façon très personnelle. Petit à petit son jeu s’est modifié et s’est classifié, cet album est à ranger parmi ceux de la grande maturité.


Arthur Doyle est un saxophoniste d’une très grande personnalité, c’est ce qui le rend unique et fait son charme, côté discographie c’est relativement modeste si on le compare mais il a également joué aux côtés des grands, Sun Ra, Bill Dixon, Noah Howard, Milford Graves ou Alan Silva.


Il est réputé pour son engagement free, très généreux il se donne sans compter, se déchirant les poumons et montant dans les suraigus de façon spectaculaire. Ses versions de « Nature Boy » sont d’ailleurs souvent épiques, il y en a d’ailleurs une sur cet album. Son chant est également particulier, il n’est que de l’écouter pour s’en convaincre, c’est également un flûtiste de talent. Je vous avais déjà présenté un de ses albums « The Basement Tapes », page 16, qui était sorti en 2003.


Cet album a été enregistré dans un studio de la banlieue parisienne, le Triton, aux Lilas le 8 mars deux mille, à une période où Arthur Doyle jouait en club à Paris. La première pièce de l’album, "Giblets 3", dépasse les vingt-deux minutes et annonce la couleur, des improvisations folles qui s’enchaînent pendant plus d’une heure, si vous êtes amateurs de longues chevauchées improvisées vous ne serez pas déçu, cet album est un modèle du genre. C’est puissant, torride, avec de l’humour également et un plaisir de jouer très communicatif !

xeres
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le 27 janv. 2026

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