Fred Frith / Maybe Monday – Digital Wildlife (2002)
Un album sur le label allemand « Winter & Winter » qui présente ses Cds de façon étrange, dans une sorte de gangue d’apparence très solide mais peu protectrice à l’usage, bien qu’ils aient de la gueule. Fred est ici entouré par Maybe Monday, c’est-à-dire Miya Masaoka au koto et à l’électro, Larry Ochs aux saxs sopranino et ténor, ainsi que par Joan Jeanrenaud au violoncelle.
Ne nous voilons pas la face, cet enregistrement live au « 2-Track At Guerilla Euphonics » à Oakland est très expérimental, le concert s’est donné en mai deux mille un, cinq compos sont alignées pour une cinquantaine de minutes.
Ce qui se joue est assez indéfinissable, sinon que ça tombe entièrement sous le signe de l’improvisation, de la création spontanée, il semble qu’il y ait beaucoup d’ajouts également, de travail sur bandes avec trucages, ralentissements, découpages, brefs bricolages en tout genre. Les lignes sont également très sinueuses, sans continuité, ni début ni véritable fin.
Reste une véritable intensité, de la puissance, un savoir-faire inépuisable, une originalité constante avec des brisures qui parfois vous font sursauter et vous surprennent, vous dérangeant alors que vous sembliez bien barrés dans ce marasme, et ça repart, encore et encore…
Une nouvelle fois il semble plus simple de prendre la musique dans son entièreté et de se laisser bouger, plutôt que de vouloir disséquer, rechercher un musicien ou s’attacher à un instrument trop longtemps. Bien que l’ensemble ait une certaine cohérence finalement, il est bon d’accepter de se laisser balader ou déstabiliser parfois, car il y a des points de repères et d’accroches suffisants pour avancer sur le chemin sans se perdre.
La dernière pièce toute fragile « Close To Home », avec l’admirable Larry Ochs, nous positionne gentiment en territoire connu et offre un atterrissage plaisant, délicat et serein.