Le Tigre Des Platanes – Disappearing – (2013)
Le Tigre des Platanes est à l’origine un insecte nuisible venu d’Amérique, il s’est installé dans nos régions et décime les platanes dont il est friand. Mais ici il possède également l’accent toulousain, et recueille des musiciens que l’on connaît assez bien, pour qui suit ce fil régulièrement. Marc Démereau joue du sax baryton, de l’alto et des synthés, Mathieu Sourisseau est fidèle à sa guitare basse acoustique, Piéro Pépin joue de la trompette, du bugle et également des claviers, et le batteur est Fabien Ducombs.
C’est un album de reprises, bien sympa et souvent pêchues. Sept titres enlevés, judicieusement sélectionnés qui permettent à nos musiciens de bien s’éclater, et à nous d’en profiter également. Par exemple sur la seconde pièce signée John Parish, « How animals move/The Florida Recount », et bien, après un départ en douceur, les chevaux se lâchent, se débrident, et nous voici au milieu d’une cavalcade, crinière au vent, emportés pour le meilleur !
La troisième pièce est signée Butch Morris, « Spooning », très chouette également avec les deux souffleurs qui se donnent, baryton et bugle jouent de concert en se stimulant l’un, l’autre… Les thèmes sont choisis pour leur lyrisme et la puissance mélodique qu’ils envoient, ça fonctionne vraiment et cet album est très vite addictif.
La troisième pièce est un peu plus curieuse, rien d’étonnant puisqu’elle est signée par Fred Frith, Rebby Sharp et Skeleton Crew. « You may find a bed » en est le titre, un chouïa rock dans sa structure, avec des paroles chantées par Démereau, ça dérape un peu aux deux tiers de la pièce, où intervient une partie improvisée…
On se regonfle en énergie avec «Disappearing – Keep The Sharks From Your Heart » des excellents Sonny Sharrock, Olu Dara et Rip Rig and Panic, un truc assez funk, très solide, qui laisse également la place aux solos. Un autre titre de Parish un peu lent et étiré, avant que ne se referme l’album sur le tempétueux « Black Robert » de Dave Burrell qui gonfle comme une tempête !
Bref, un chouette album qui ne se prend pas la tête, mais qui est judicieusement mené par ce quartet de la ville « rôse » où, paraît-il, même les mémés aiment la castagne…