Paal Nilssen-Love, Ken Vandermark – Dual Pleasure 2 – (2004)
Cet album est le second du duo, après le volume un sorti deux années plus tôt. C’est un double Cd, il faut croire que cette conversation à deux est bien délectable, d’autant qu’elle se poursuivra au fil des années, jusqu’à présenter une somme assez imposante, sept volumes au total dont un copieux coffret regroupant six Cds et un Dvd, oui, ces deux-là s’apprécient et, comme l’indique le titre de l’album, prennent plaisir à partager ce dialogue.
Et le public également qui célébra le premier volume dont la magie se perpétue sur ce très beau second set, partagé entre un premier Cd enregistré les dix-huit et dix-neuf septembre deux mille trois en studio, à Oslo, et un second en concert le vingt-deux septembre au Kampen Jazz, toujours à Oslo. Je le précise, bien que vous vous en doutiez déjà, la plupart du matériel présent ici est improvisé et signé conjointement par les deux partenaires.
Il faut bien le reconnaître, tout est bon ici, Paal est magique à la batterie et aux percussions, livrant un large éventail de ses compétences et dévoilant son immense adaptabilité face à tout ce qui se présente, et quelles ques soient les circonstances, son jeu est immensément varié et se déploie sur cet enregistrement comme une sorte de récital.
Du pain béni pour Ken Vandermark qui joue du saxo ténor mais également de la clarinette et de la basse clarinette. Il est par ailleurs noté, sur le livret accompagnant, que Ken remercie Jørgen Munkeby pour le prêt de ce dernier instrument, il est vrai que le prix dissuasif de cet instrument ne permet pas de s’en procurer un tous les six mois…
Les neuf pièces qui composent le premier Cd sont relativement courtes pour ces deux musiciens habitués à travailler au long cours. Les deux plus courtes pièces frôlent les quatre minutes et les deux plus longues dépassent neuf et onze minutes, de quoi s’exprimer, certes, d’ailleurs ils ne s’en privent pas, présentant un éventail très large de leur riche palette.
Les pièces sont de conceptions différentes, prenant un parti pris de départ ouvrant un champ d’action très large, de l’intimisme discret et aérien au rentre-dedans un peu brutal, mais pas trop, proposant des densités légères ou fortes, des variétés dans les rythmes ou les timbres, avec le souci constant de vouloir chercher, explorer et creuser pour aller dénicher le beau et le brut.
Ils sont maîtres à ce jeu et ne manquent jamais de proposer des innovations à chaque étage, dès le premier titre, « Train Hits The Station » qui envoie sans rémission. Mais je dois reconnaître que les trois titres joués en concert ont également leur charme, par leur durée déjà, « Stray Dogs » qui ouvre le concert est plutôt parfait et engageant, dépassant les vingt-six minutes, suivi de l’exaltant « Double Weight » encore plus long, mais qui ménage en son milieu une période calme et apaisée, « As It Goes » termine le set et conclut cet album magistral.