Escape Velocity
6.5
Escape Velocity

Album de Zombi (2011)

De la frontière ténue entre kraut et crotte

Avant toute chose soyons clair sur un point : Zombi, le groupe de Steve Moore (claviers/basse) et Antony Paterra (batterie), est un simple revival. Claviers en folie, synthétiseurs devenus kitschs, loops en pagaille, batterie franche et répétitive, c'est là du krautrock (façon Schulze ou Tangerine Dream) pur jus. Aucune raison a priori de retrouver de nouveaux horizons musicaux à explorer chez Zombi, il ne s'agit que d'une resucée de leurs illustres prédécesseurs pionniers du space-rock. C'est ça de fait pour l'originalité. Le talent du groupe, c'est la qualité de son artisanat. Comme tout bon fan-groupe revival, les gugusses de Zombi ont bien digéré leurs influences et les étalent au grand jour dans leurs albums. Reste donc à voir la qualité de leur art.

Alors, est-ce que ça fonctionne, Zombi ? Eh bien sur Surface To Air (2006) oui. Sur Escape Velocity, moins.
Tout en persévérant dans ses bonnes vieilles habitudes, Moore a néanmoins changé son style. Là où le précédent Spirit Animal était épuisant de lourdeur, Escape Velocity est consternant de superficialité. C'est une impression très personnelle, mais je trouve qu'ils ne se sont vraiment pas foulés sur ce coup là. Un ou deux loops par morceau, un motif de batterie, une variation de temps en temps histoire de ne pas endormir l'auditeur et le tour est joué. L'ambition de Zombi semble avoir fondu comme mort-vivant au soleil. Adieu les envolées épiques de Surface To Air où le bouillon de synthés atteignait parfois une intensité fantastique propre à se remémorer l'heure de gloire du space-rock. Bonjour les rythmes bateau presque discos et les boucles convenues.

L'album n'est pas mauvais en soi. Il reste comme beaucoup d'autres agréable à écouter en faisant autre chose, pour peu que l'on soit adepte des clichés de la kosmische musik. Mais c'est toujours une déception lorsqu'un groupe capable du meilleur dans son domaine s'empâte dans une recette mille fois vue. M'enfin, je suppose que c'était prévisible.
TWazoo
5
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le 6 mai 2014

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T. Wazoo

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