Exit!
7.6
Exit!

Album de Fire! Orchestra (2013)

Fire! Orchestra – Exit! – (2013)


Avec le Fire ! Orchestra, je remonte lentement la piste. Après le merveilleux « Echo » de deux mille vingt-trois, puis « Arrival » de deux mille dix-neuf, me voici arrivé au tout premier album de la formation, avec cet « Exit ! » millésimé deux mille treize ! Quatre autres albums se glissent dans les interstices de cet espace temporel, autant de nouvelles étapes à écouter, mais déjà ici le saut est grand, avec cette plongée vers le premier né, le déclencheur initial…


« Exit ! » se présente sous la forme de deux compositions, la « part one » et la « part two », pas besoin de se casser le crâne à tenter mieux côté titre, les photos sur la pochette trois volets suggèrent avec plus d’efficacité. Mais déjà quelques fondamentaux, Mats Gustafson au sax ténor et à l’électro, avec une section de anches à six membres. Mariam Wallentin et Sofia Jenberg au chant, avec Emil Svanängen également, qui joue aussi de la guitare, ainsi que trois autres membres.


Une section de cuivres à cinq également, trois trompettistes, un tromboniste et un tubiste. Il y a également Sten Sandell au piano et à l’électro, Nordwall à l’électro également, et un organiste. Il faut encore ajouter quatre bassistes, dont un à la basse électrique, ainsi que quatre batteurs, ici on n’économise pas sur le personnel, tout est grand, vingt-huit musiciens au total !


Par contre ça file vite, les dix-neuf minutes et trente secondes de la part one passent à la vitesse de la lumière, c’est basique, essentiel, souterrain, complexe mais massif, avec une structure lourde, qui avance sans cesse, défrichant tout sur son passage, invincible et sans fioriture, ça avance, la machine est puissante et s’impose avec une force incroyable, des feux jaillissent sans cesse se succédant dans l’espace, les solistes jouent de toutes leurs flammes et le chants sont tribaux, minimaux, presque déclamatoires, ça fuse de partout… Juste une expérience à s’offrir !


La partie deux est un plus longue, vingt-cinq minutes qui prennent le temps de la mise en place, avec une courte intro, un chant qui intrigue, avant que les batteurs ne martèlent l’espace et ne lancent la furie. Point de répit, tout repart en trombe, la machine implacable redémarre et avance, et avance, encore et encore…


C’est Arnold de Boer, le gars de la formation néerlandaise de « The Ex » qui a écrit le grimoire avec les écritures rituelles, le texte maudit et sacré, qui plonge dans la nuit des temps pour y chercher les runes qui portent les savoirs secrets.


Mais la machine s’arrête et fait la pause pour installer un peu d’incertitude et laisser la part aux individualités, le free s’invite, la voix déclame et s’agite, inquiétante, comme s’il fallait introduire une bonne dose d’impro, histoire de gripper un moment la belle mécanique de la machine, introduire de l’incertain, du spontané, déconstruire, faire « Tabula rasa » avant de poser une nouvelle pierre…


Ça y est la folie collective s’est emparée des pouvoirs et le vacarme viscéral impose sa vérité, la fin de cette seconde partie est tout simplement grandiose et magique, juste une intense explosion rarement enregistrée, avec une densité qui défie le bon goût et impose la vérité de sa force, tout simplement !


Génial !

xeres
10
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le 20 avr. 2025

Critique lue 6 fois

xeres

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