Max Roach / Mal Waldron – Explorations ... To The Mth Degree – (1999)


Voici l’enregistrement live du concert célébrant le soixante-dixième anniversaire de Mal Waldron, il fut donné le vingt septembre mille neuf cent quatre-vingt-quinze au « Desingel Arts Centre », à Anvers en Belgique. Il est noté dans le petit livret que la véritable date de naissance de Mal est le seize août dix-neuf cent vingt-cinq et non pas en vingt-six comme l’indiquent la plupart des ouvrages de référence.


Par ailleurs il est également indiqué qu’il vécut en Europe depuis mille neuf cent soixante-cinq. Son anniversaire fut fêté par plusieurs concerts qu’il donna alors, mais celui-ci, en compagnie de son légendaire ami Max Roach est particulièrement remarquable. C’est un double album qui regroupe l’intégralité du concert.


Il faudrait même ajouter « un peu plus » car la dernière pièce du Cd un, « Sparring » provient de l’avant-concert, lors des réglages de la balance où l’ingénieur du son démarra l’enregistrement dès qu’elle fut terminée, enregistrant cette pièce imprévue. Il y a également d’autres moments captés inopinément, des conversations et plus particulièrement l’hommage vocal de Max Roach envers son partenaire.


Deux heures de musiques sont ainsi regroupées, permettant d’aborder ce magnifique échange entre deux géants du jazz, le grand Max héro du be-bop et légende vivante, dont le style fut l’un des premiers à s’échapper du simple rôle rythmique. On se régale à l’écoute de son jeu timbral d’une richesse inouïe, ajoutant une troisième dimension à l’espace musical.


Mal Waldron est lui aussi phénoménal, à l’image d’un Thelonious Monk dont il revendique une sorte de filiation, il ne recherche pas la virtuosité, ni rien qui soit éblouissant dans sa technique, bien qu’il soit bien doté de ce côté.


On pourrait même le ranger avec les pianistes « lents », de ceux qui puisent dans les rythmes l’essentielle énergie, il creuse au-delà même du jazz, dans les racines de l’africanité. Ses plus beaux faits d’armes sont à chercher du côté de ses albums enregistrés en duo avec l’autre fantôme de Monk, Steve Lacy.


Les deux ont su créer une musique inouïe et complémentaire absolument fantastique, bâtissant des mondes nouveaux d’une grande beauté. On retrouve un peu de cette magie dans cet album où Roach magnifie Waldron, car bien souvent les bons albums de Waldron sont ceux où il est bien accompagné, ce qui est d’évidence le cas ici.


A noter de courtes pièces où Max délivrent de superbes petits solos de batterie, les compos sont souvent celles de Mal mais également quelques standards, ainsi une petite dizaine signée par les deux musiciens.

xeres
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le 23 juil. 2025

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