Parfois et même assez souvent, la musique écoutée par tiers personne évolue au fil des années, des semaines ou bien des jours en fonction des humeurs et des émotions. Un jour on ressent l’envie ou le besoin d’écouter une musique plutôt calme et un autre jour une musique plutôt percutante. Par exemple, il y aura deux catégories de personnes lorsque celles-ci seront un peu patraques : celles qui auront envie d’écouter « il est mort le soleil » pour déprimer encore plus et celles qui voudront écouter « ça plane pour moi » afin de rebondir ; c’est de la musicothérapie en quelque sorte. Exactement, la musicothérapie est en gros une technique qui cherche à atteindre la sphère émotionnelle de l’auditeur, à provoquer un état émotionnel agréable voire perturbant. Vous allez penser que je pars loin mais cet album de Fang Island pourrait être utilisé en musicothérapie, enfin selon mon avis tout du moins. Le combo de Brooklyn à le pouvoir de vous faire sourire bêtement, comme ça pour rien, un rictus gravé sur le visage à l’écoute de cet essai. Ce disque est spécial, les arrangements sont frais, teintés d’un rock progressif et d’un math rock. Le chant est tout le long du disque scandé en chœur par le groupe, il n’y a presque pas de chant « solo ». L’alchimie est parfaite. Fang Island nous transporte dans un autre univers, comme dans « sliders les mondes parallèles », on y retrouve exactement les mêmes personnes que dans notre univers mais avec le sourire, heureux, dans un monde où il fait bon vivre, sans soucis ; un univers où tout est beau et gentil comme dans les bisounours mais sans le côté péjoratif. Cet album m’a déposé dans cet univers, dans leur univers et je compte bien y rester encore un peu.