James White – James White's Flaming Demonics – (1983)


J’ai déjà évoqué le zig, mais sous son autre nom, « James Chance » alors avec « The Contortions », sur l’album « Molotov Cocktail Lounge » de quatre-vingt-seize, bien après ce quatrième sous son nom, ou sous l’autre…


Son style est aisément reconnaissable car la signature est forte, du funk, très, très basiquement funky, incisif et essentiel, jusqu’à la garde ! Comme sur le redoutable premier jet, « The Devil Made Me Do It ». Il y a également ce côté minimaliste, comme dans les années cinquante, direct et punchy, une sorte d’uppercut sonore qui fait couler l’hémoglobine !


Format chanson des fois, et même souvent, des vraies, avec des paroles, James White-Chance chante ! Mais ce n’est pas tout, car il souffle aussi, souvent, dans son saxophone alto, et là, ça régale ! Il a écouté Ornette c’est sûr, de temps en temps il vire free, bien tapé et déjanté, ça dégage et ça envoie sévère, et il joue également de l’orgue Farfisa ou du piano, multi-tout, il sait aussi s’entourer.


Un autre foufou se nomme Jerry Agony, il va rester longtemps à ses côtés et jouer comme un damné de la guitare, l’écouter est une activité en soi, un plaisir à s’offrir, quand il s’ouvre au solo et à l’impro, il y a également Chris Cunningham à l’autre guitare, et Robert Aaron au sax ténor, Luther Thomas au baryton ainsi que Bruce Purse à la trompette, c’est un sacré barnum !


Côté assise, c’est Ralph Rolle à la batterie et Rodney Forstall à la basse, très en avant, un parti-pris déterminant, ça envoie la sauce, et il y a des chanteurs et des chœurs, comme sur l’excellent « The Natives are Restless », mais ici tout est bon pour peu que vous adhériez à l’alléchant créneau !


N’empêche que notre James baigne bien dans la culture jazz comme l’indique la reprise allumée de « Caravan », mixée avec « It don’t Mean A Thing » de Duke Ellington, histoire de rallumer les vieilles passions et de les passer à la moulinette du renouveau. L’album se termine par le définitif « I Danced with A Zombie » de près de dix minutes, efficace avec ses distorsions et ses chœurs répétitifs, son essentialité funky, tandis que cuivres et anches couinent avant de se réunir pour énergiser le potage, de bonnes parties de piano à signaler également.


Normalement l’album devrait se terminer à ce stade, mais la version Cd de deux mille quatre que je possède, contient trois titres bonus en provenance des « Judy Taylor Sessions », le personnel est un peu modifié et le son est plus « propre », je n’ai pas trouvé les dates d’enregistrement pour ces ajouts plutôt sympathiques.


On ne peut évidemment pas classer l’album dans le free jazz malgré l'évidente proximité, alors que le punk n’est pas si loin…

xeres
9
Écrit par

Créée

le 7 juil. 2025

Critique lue 8 fois

xeres

Écrit par

Critique lue 8 fois

2

Du même critique

Lanquidity

Lanquidity

10

xeres

1990 critiques

Un voyage dans le "Space-Jazz-Rock"...

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a parcouru, lu et écrit l'histoire du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue...

le 28 févr. 2016

Bitches Brew

Bitches Brew

10

xeres

1990 critiques

Critique de Bitches Brew par xeres

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté de la pochette créée par Mati Klarwein. On la devine symbolique, plus particulièrement quand elle s’offre déployée, pochette gatefold ouverte. On...

le 5 mars 2016

Both Directions at Once: The Lost Album

Both Directions at Once: The Lost Album

10

xeres

1990 critiques

Critique de Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse »,...

le 2 juil. 2018