Un album autour de l’électro et plus particulièrement de la « French Touch », cette vague musicale qui a connu un succès mondial, portée par le talent de jeunes musiciens qui ont su capter l’air du temps.
Le bassiste et leader du quartet, Stephane Kerecki s’est donc intéressé à ces nouveaux groupes dont il a sélectionné quelques titres susceptibles de s’adapter à son projet de réinterprétation. Certains de ces groupes ont des nom familiers, Air, Phoenix, Daft Punk, Justice, Chassol aussi, mais Kavinsky et M83 me sont inconnus. Neuf titres au total pour cinquante-deux minutes de musique.
Peut-être que le nom de Stéphane Kerecki ne parle encore pas trop aux amateurs, mais c’est une fine lame, il a joué aux côtés des meilleurs musiciens actuels. Son quartet est une formule 1, il comprend, outre lui-même qui tient la basse, deux autres membres du groupe qui ont enregistré l’album « Wasteland » d’Antoine Bergeault : Fabrice Moreau à la batterie et Jozef Dumoulin aux claviers. Ce dernier est le remplaçant de feu John Taylor, son ancien professeur, qui autrefois tenait le clavier au sein du quartet. Pour compléter la formation, l’un des meilleurs musiciens français actuel, Emile Parisien au saxophone soprano.
Traditionnellement le jazz s’est toujours nourri aux sources populaires, aux standards qui fleurissaient à Broadway, en se tournant vers la French Touch pour y puiser un matériel de qualité, Stéphane Kerecki ne fait que suivre les pas des anciens, se nourrissant de ce qu’il trouve plaisant dans son environnement, en en offrant une interprétation personnelle et même magnifiée.
Kerecki est magistral, Dumoulin grand styliste au Fender Rhodes, Moreau précis et pointilliste, Parisien, modeste, en coloriste économe et en mélodiste raffiné.