Getatchew Mekuria – Getatchew Mekuria And His Saxophone (2021)
Ce n’est pas trop souvent que je m’achète ce qui se présente sous la forme d'une compile, mais en fait c’est une réédition du premier album de Getatchew Mekuria, daté de soixante-douze et désormais introuvable ! Je m’intéresse à l'éthio-jazz, souvent par le biais de la série des Ethiopiques qui recèle de véritables trésors, c’est grâce au travail méticuleux de Francis Falceto que ces Cds sont disponibles, d’ailleurs on y retrouve Gétatchèw Mèkurya sur le volume quatorze, mais pour l’heure c’est sur vinyle que ça se passe …
Notre saxophoniste est né en mille neuf cent trente – cinq après avoir appris à jouer avec des instruments traditionnels, il s’est converti à la clarinette et au saxophone, a participé à plusieurs orchestres et a accompagné diverses vedettes locales, avant d’enseigner la musique.
Il a pu enregistrer quelques albums de cet éthio-jazz si fascinant, ce mélange entre les musiques traditionnelles éthiopiennes et le jazz est souvent renversant. La musique éthiopienne a une telle force et une telle personnalité qu’elle ne se dissout pas facilement dans un mélange, elle conserve ses étrangetés et ses épices qui la rendent à nulle autre pareille, au point de devenir un genre, un peu comme le reggae, si j’ose.
Getatchew Mekuria, surnommé le « Négus du saxophone », est donc une des premières figures de cette musique et de ces chants. Sa maîtrise instrumentale lui permet d’inventer un discours passionnant, malgré la disette rythmique qui reste suffisante cependant, comme sur le titre d’ouverture « Ambassel », tout l’éthio-jazz est là, dans son jeu.
Il y a également le titre « Yene Hassab Guadegna » qui interpelle, à la fois exotique et mystérieux, avec cet orgue Farfisa si entêtant, un régal ! Mais on pourrait tout autant citer « Almaz Yehererwa », « Akalé Wubé » ou « Ainotche Terabu », bref, rien n’est faiblard sur cet album.