David S. Ware Quartet – Great Bliss Vol 2 – (1990)


Ecouter un album de David S.Ware ne se refuse pas, celui-ci est affublé de la motion « volume 2 » car il existe bel et bien un volume « un » que je n’ai pas encore écouté. Il faut dire que ces deux-là semblent particulièrement intéressants, car ils proviennent de l’excellent et historique label « Silkheart », une référence en matière de free jazz, les albums parus sur ce label sont souvent particulièrement longs, celui-ci ne déroge pas à la règle, soixante-dix minutes, à cinq secondes près sont annoncées.


Le millésime est également intéressant, David S.Ware dans sa grande maturité, entouré de musiciens fidèles. On pense bien entendu à Matthew Shipp le pianiste ainsi qu’à William Parker, le contre bassiste et au batteur Mark Edwards. David, lui, va se partager entre différents instruments dont il jouera successivement.


C’est le sax ténor qui aura sa faveur, il en jouera sur trois pistes, le saxophone alto par deux fois, dont le titre d’ouverture « One, Two, Three », la flûte sera également jouée sur deux titres, dont le long « The Child Without - The Child Within », il jouera également du saxello en solo sur la pièce « Saxello Two ». Ce dernier instrument est peu usité, mais Elton Dean en était un joueur confirmé et habile, il possède la forme d’un sax soprano un peu recourbé.


Huit pièces sont donc improvisées lors de ces sessions d’enregistrement des huit, neuf et dix janvier, au « Sound Recording Studio » à New York. La pochette avec cette peinture est assez à la manière de « Silkheart », elle se nomme « "Sorcerer's Delight In Birdland" ».


La musique enregistrée sur cet album est essentiellement ouverte et improvisée, elle ne possède pas l’impact davantage « punchy » d’autres enregistrements qui arriveront plus tardivement dans la discographie du saxophoniste et sont plus aisés à appréhender, notamment dans cette nouvelle décennie qui se dessine.


Ici le son est parfois plus évanescent et expérimental, terriblement crédible mais s’ouvrant comme une fenêtre aux échanges à quatre, sans que personne ne prenne le dessus, les échanges sont l’essentiel, et le partage l’ordre à suivre.


David S.Ware a eu tout l’automne pour chauffer son quartet et cinq jours pleins avant d’entrer dans les studios, de quoi se forger de nouvelles idées et échafauder quelques principes qui serviront d’axes pivot. Des titres comme « Saxelloscape » ou l’incisif « Stritchland », mais chacun apporte sa grammaire et sa force d’impro, comme Matthew Shipp qui n’est pas sans évoquer Cecil Taylor, poussé par l’incroyable Marc Edfwards avec sa batterie, ses gongs et ses carillons.


C’est ainsi que ces sessions seront fondamentales pour la suite de l’existence de ce quartet, qui sera fondé en profondeur par ce travail en commun, fondateur et assise collective pour la suite qui se présentera, plutôt belle et resplendissante…

xeres
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le 11 juin 2025

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