Daniel Humair, René Urtreger, Pierre Michelot – Hum ! – (1960)


« HUM » qui reprend l’initiale de chacun des membres du trio, est ici le titre de l’album, mais il sera également le nom d’un trio qui se retrouvera encore deux fois, gravant dans la cire à chaque fois un témoignage éclatant qui restera dans les mémoires.


Celui est historiquement le premier, enregistré au « Club Saint Germain » les cinq, six, sept et huit septembre mille neuf cent soixante. Le son a par ailleurs été éclairci aux studios La Buissonne, mais l’ambiance club est bien là, fond sonore qui nous plonge au milieu du public, la place qui nous revient est idéale…


Daniel Humair est évidemment le batteur, René Urtreger le pianiste et Pierre Michelot le contrebassiste. Ce trio n’est pas une réunion d’occasion ou d’opportunité, ces trois-là ont l’habitude de jouer ensemble, ils partagent également les mêmes gouts pour ce jazz de l’époque, celui de leur jeunesse.


Le plus jeune est Daniel, vingt-deux ans, qui baigne dans cette musique et partage avec René, vingt-six ans, ce même amour pour ce jazz typé bop, qui swing avec efficacité, le plus âgé est Pierre, trente-deux ans, extraordinaire contrebassiste qui sera le premier à prendre le large, pour de bon, en deux mille cinq.


Sans doute comme beaucoup parmi vous, j’ai écouté ce fameux HUM, à un moment ou à un autre, et me suis trouvé embarqué dans un beau voyage et surtout dans un « trip » plein d’admiration…


« Ah Moore », la troisième pièce, est la première ballade qui surnage sur un tapis de conversations que l’on pourrait presque suivre, tant le brouhaha est présent, pourtant il ne dérange en rien, ne faisant qu’ajouter au caractère d’intimité qui prévaut ici, faisant de nous des témoins de premier ordre, d’authentiques privilégiés.


« Monsieur De… » qui arrive est bien chouette, c’est la seule pièce signée par un membre du trio, René Urtreger qui appose sa signature au milieu de toutes ces reprises, Gillespie, Jimmy Heath, Rollins, Al Cohn, Cole Porter ou Monk au travers de « Well You Needn’t ». Un répertoire de standards tel qu’il existait à l’époque, des pièces connues par tout amateur de jazz un peu branché.


Il faut imaginer que ces gars n’arrêtaient pas de travailler, et servaient de musiciens d’appoint aux vedettes américaines qui passaient en France, ils ont, tous les trois, joué avec les plus grands, et ont su fournir un soutien idéal aux stars du moment, qui savaient qu’elles pouvaient compter sur les représentants de la fine fleur du jazz français.


Un magnifique album !

xeres
10
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Créée

le 12 août 2025

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