Gare Du Nord – In Search Of Excellounge – (2001)
Non, non, ne partez pas tout de suite, restez encore un peu, par exemple pour vous souvenir de ce qui est mentionné sur le petit sticker bleu collé sur le Cd, « Featuring the extraordinary hit single « Pablo’s Blues » ! Ah ça vous dit, alors allons-y…
Sûr, un gros tube à l’époque, peut-être pas trop chez nous, mais pour ceux qui traversaient les frontières à cette époque-là, pour aller vers Ostende, Bruxelles ou Amsterdam, et même remonter encore vers les pays du nord, où se cachent les Nordiens avec leurs drôles de Dieux…
Une curieuse histoire « Gare du Nord », ça devait marcher le temps d’un coup, histoire de gagner des biftons, mais ça s’est passé autrement… A l’origine deux gars dont on voit la photo à l’intérieur de l’insert, mais pas grand-chose d’autre, sinon ce titre d’album qui révélait l'étendue de ses intentions …
« In Search Of Excellounge », avec une séparation couleur entre les deux « L », distinguant sans les séparer « excel » et « lounge », tout est là en fait, l’opération, le calcul, en espérant rafler de bonnes retombées financières, y’a pas de mal par ailleurs, un bon produit qui se vend bien et qui rapporte, c’est bien là le fonctionnement normal du monde dans lequel on vit…
L’un est hollandais, guitariste, il s’appelle Ferdi Lancee, c’est son pseudo, son véritable nom est Ferdy Dousenbach, mais ce n’est pas grave, d’ailleurs pour simplifier on l’appelle « Doc ». L’autre est belge, il s’appelle Inca, aka Barend Fransen, et joue du saxophone, ils chantent et composent, des trucs qui vont dans le vent, de ceux qu’on aime entendre quand on écoute plus vraiment, et qui se vendent bien, y’a pas d’mal à faire rentrer de l’oseille, juste un coup, histoire d’éprouver les bonnes recettes à la mode…
Mais voilà, ça vire because le hasard qui passe par là, voilà que la série télévisée « Six Feet Under » s’intéresse à leur musique et que la musique « lounge » décolle comme un genre et que le monde devient mou, s’enfonce dans les coussins et boit des cocktails en dansant sur cette musique soft et chaudasse…
Et « Pablo’s Blues » qui déchire les hit-parades, « Excellounge Bar » qui est une sorte de raccourcis de la recette, tapis de percus, rythme doux sur texture smooth, qui s’étire et s’allonge au soleil tamisé, traits des guitares qui saillent comme des stries sucrées, voix féminines lascives et lointaines, airs du toujours renouvelé sans fin, chaud et réconfortant, espoir d’une sieste paresseuse…
« Disco-Tèk (Boogie All Night Long) » convie la musique Disco et les rythmes qui font danser et bouger, dans un mélange de styles très réussi. Et voilà qu’après quelques concerts organisés en tournée, la musique se retrouve au menu du film « Ghost Rider », puis le trompettiste Erik Truffaz se révèle au duo et participe activement à cette étonnante aventure… Dingue je vous dis…
Bien profiter de « Room…69 Moi ? » comme un hommage à Gainsbourg, qui se retrouve encore au menu avec « Searching Gainsbourg », plans coupés, racolés et recollés … De la musique lounge dites-vous - Moi ? Hmm…
Et pour finir « Poème Rouge », dont les paroles siègent dans le livret… L’album fut un grand succès et lança la formation sur les rails, à partir de la Gare du Nord, pour un long voyage et un bon paquet d’années…