Inui 3
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Inui 3

Album de Makoto Kawabata (2005)

Kawabata Makoto – Inui.3 – (2005)


Kawabata Makoto est surtout connu comme étant le fondateur de la mythique formation rock-psychédélique « Acid Mothers Temple », nul doute que beaucoup connaissent ce musicien charismatique et particulièrement intéressant. Pour ce qui me concerne, il a toujours une place un peu à part et, si l’occasion se présente, j’aime à me procurer une de ses œuvres…


Kawabata a sorti des albums sous son nom propre, en solo, comme cette série de quatre, les « Inui ». Celui-ci est le troisième, il est représentatif de la série en ce sens qu’il y joue de multiples instruments, comme ici le bouzouki, le sarangi, la guitare électrique, l’alto et le synthe ECS-101.


Ce sont des instruments qu’il maîtrise à la perfection, dont il fait un usage fréquent. Il en joue également à la façon des drones, de façon prépondérante dans la musique contemplative qu’il nous présente ici.


Trois pièces sont proposées, chacune avec son identité. « Sui » est la première, elle dure douze minutes et trente secondes, tout comme la seconde. On se régale de ce mélange de sons, organisé à la façon d’un drone qui avance avec énergie en une seule masse sonore, faite de sons superposés qui s’étalent dans la durée, en masse et de façon imprécise.


Ce qui s’apparentait au commencement en un mélange de cordes grattées et frottées avec énergie, se transforme petit à petit en un seul bloc uniforme, un seul son puissant, composé de manière indistinct. Ainsi s’arrête « Sui », fascinant et languissant.


« Ken » est plus mystérieux encore, avec son drone central autour duquel des variations sonores semblent vouloir graviter, comme agitées par le bruit des vents qui se déploient de façon circulaire, atmosphère de nuit et de froidure, inquiétante et mouvante, qui se suffit de minces variations continuelles qui s’agitent et manifestent en variations, semble-t-il perpétuelles…


Mais la pièce la plus emblématique est « Fuku » qui se déploie sur plus de quarante-sept minutes, initiée par le son du bouzouki dont on gratte les cordes de façon répétitive. Petit à petit les masses s’organisent autour des cordes en proposant des sons longs et continus de drones qui se superposent et se mélangent…


Ce mélange de sons hypnotiques et répétitif procède à la façon d’un anesthésiant qui s’empare de votre esprit consentant. On peut penser à ces mélodies orientales qui s’emparent de vous par la seule force de la répétition d’un thème addictif. Le son du bouzouki s’enrichit pourtant du son de la guitare et de l’alto, et le sarangui, vièle à archet orientale, fonctionne tel un drone dans lequel le son des cordes vient se perdre.


Ainsi s’opère un mélange savant qui procure une musique unique et contemplative que l’on appréciera en des moments calmes, presque recueillis. Le synthé enveloppe le tout en s’étalant de façon forte sur la durée. Les cordes et particulièrement le bouzouki et les guitares n’en finissent pas de se manifester de façon centrale, plus ou moins à l’avant, selon les moments. L’arrivée continuelle de sons qui se superposent peut provoquer un effet inquiétant d’enfouissement, passée la trentième… Mais un sentiment de renaissance est à venir…


Un album complètement hors du temps qui possède un charme évident, pour peu qu’on lui laisse le temps…

xeres
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