Telectu / Louis Sclavis / Jac Berrocal – Jazz Off Multimedia – (1995)


Telectu c’est un duo d’italiens, Vitor Rua qui joue de la guitare, du sitar, manipule les bandes et joue de l’électro, son compagnon de route est Jorge Lima Barreto qui joue du piano, des synthés et des percussions. Les deux rencontrent Louis Sclavis qui joue de la clarinette et de la clarinette basse, ainsi que du saxophone soprano. Le quatrième membre n’est pas le moindre puisqu’il s’agit de Jac Berrocal, crédité à la trompette.


En fait j’avais commandé à mon vendeur un autre album, « À Lagárdère » qu’il a remplacé sans m’en informer, ou peut-être a-t-il commis une boulette, allez savoir. Comme ça je découvre les cinq « untitled » précédés d’un numéro, qui défilent ici. La première pièce est la plus longue en matière de durée, un peu plus de vingt-huit minutes, de quoi se faire largement une idée.


Les italiens sont à la manœuvre et occupent largement le terrain, bâtissant des espaces parfois grandioses, où rythmiquement instables, juste ce qu’il faut pour attirer les solistes, Sclavis ou Berrocal, priés d’épouser les paysages sonores, Vitor Rua ne se prive pas non plus avec sa guitare, pour installer de longs étirements avec effets qui font bien et répondent aux appels de Jac le turbulent.


La rencontre s’est effectuée au « Guimarães Jazz Festival » où les micros ont été posés et nous assistons à une tentative d’alors, d’un mariage entre l’électro, les machines, et les anches de chair, cet « ambient » né ici de la rencontre de l’électricité et des corps, dans une combustion d’énergie en provenance du dedans et du dehors, un mariage contre-nature ? Peut-être, mais ça fonctionne, est-ce une déviance ? Un pas vers l’artificiel ?


Nous n’en sommes plus là et les constats ont été faits, sans que personne ne soit défait, l’homme est encore à la manœuvre et la machine n’est que l’extension de son bras, de ses sens… Tous ces « sans titre » s’enquillent dans une longue suite qui n’en finit pas, et se nourrit du jazz apporté par les deux jazzeux, mais aussi par les deux autres qui ne sont pas en reste et ne font pas que nourrir la machine, ils la font vibrer et lui donne du corps et du cœur…


Mais il y fait parfois encore un peu froid…

xeres
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