Don Pullen – Kele Mou Bana – (1992)


Don Pullen est né le jour de Noël en quarante et un, et nous quitta en quatre-vingt-quinze, le laps de temps qui lui fut accordé lui permit de creuser un sillon profond dans lequel germa une musique vive et libre. Le free s’ouvrit à lui par l’intermédiaire de Guiseppi Logan avec lequel il enregistra deux albums sur ESP qui frappèrent les esprits en leur temps, soixante-quatre pour le premier et soixante-cinq pour le second…


Cette entrée en matière lui décerna une étiquette de joueur free qu’il a eu du mal à dépasser, on se souviendra également de son passage dans le groupe de Mingus où il laissa une trace profonde lors d’enregistrements en soixante-treize. Il fréquenta également « 360° music experience » et enregistra pas mal d’albums assez free ou d’avant-garde.


Mais, vers la fin de sa vie, en quatre-vingt-dix, il fondit l’« African Brazilian Connection » avec le saxophoniste alto Carlos Ward, le percussionniste sénégalais Mor Thiam au djembe, tabula et bâton de pluie, et deux musiciens brésiliens : le bassiste Nelson Matta et le percussionniste Guilherme Franco qui joue du timba, un tambour originaire d’Amérique du sud et du berimbau, un arc musical avec une corde frappée. Cet album est le premier enregistrement de cette conversion aux musiques de sensibilité ethnique, deux autres paraîtront un peu plus tard.


Ainsi son jazz se mélange aux rythmes latins ou africains, avec également un clin d’œil à la musique brésilienne. Cette formule lui assura un certain succès commercial et une notoriété plus importante, ainsi devint-il populaire, en Italie notamment. On peut imaginer qu’il aurait continué à parcourir cette route, si du temps lui avait été accordé.


Les compositions sont très partagées, ainsi Don Pullen n’en signe que deux, dont « Listen To The People » chanté par Keith et Tameka Pullen, l’autre pièce, chaloupée et parfois entêtée, « Doo-Wop Daze » est également une belle réussite avec un Carlos Ward excellent. Mor Thiam signe également deux pièces, dont le morceau titre. Guilherme Franco offre « Capoeira » qui fleure bien le Brésil et ouvre l’album, Nilson Natta et Yebga Likoba apportent également une création chacun.


Cette fusion est vraiment très réussie et la greffe ne demande qu’à prendre, ce qui sera fait lors de « Live… Again (at Montreux) » dont je vous parlerai bientôt.

xeres
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le 6 juil. 2025

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