Repoussé à de multiples reprises depuis plus de 3 ans, Knock Madness voit finalement le jour. Présenté comme un album ambitieux visant à égaler voire surpasser le niveau de production de l’hypothétique Detox, cet album déçoit.
On peut retrouver dans Knock Madness les mêmes défauts que dans le précédent album d’Hopsin, Raw. On a un MC qui sait rapper et qui est à peu près intéressant mais qui ne sait visiblement pas comment ficeler un album. Tout d’abord, toutes les productions se ressemblent à quelques exceptions près (Old Friend, Good Guys Left Behind). Toujours basées sur le même schéma, avec les claps insupportables et dans un ton assez sombre et lourd.
Pourtant l’entrée en matière avec The Fiends Are Knocking laissait présager du très bon, les couplets sont solides et bien interprétés, niveau intonation c’est très vivant, beaucoup d’amplitude, la prod est bien faite. Hopsin y critique les artistes mainstream et leur style de vie et s’adresse à ses fans.
Mais s’il y a bien quelque chose que je ne peux pas blairer dans cet album ce sont les refrains.
Il faut bien dire que je n’ai jamais compris le concept de refrain dans un morceau de rap et que je n’y trouve aucun intérêt, les refrains de rap que j’aime pouvant se compter sur les doigts d’une main. Quand t’écoutes du rap, tu prêtes une attention particulière aux paroles, et donc aux couplets, du coup je ne vois pas pourquoi on devrait se focus sur un refrain généralement chanté (très mal chanté donc, puisque tu es un rappeur), et même un refrain rappé m’exaspère, je trouve que c’est une perte de temps, que c’est une manière de remplir la track avec du vide. Dans des genres musicaux tels que la soul ou le R&B, le refrain a parfaitement sa place, mais pas dans le rap. Généralement j’arrive à faire abstraction des refrains dans le rap mais dans le cas de Knock Madness, c’est juste impossible, ce mec doit vraiment se kiffer et se prendre pour un crooner pour en arriver à de tels niveaux. Autotune, fausses notes, chants grandiloquents sont les éléments qui constituent ses refrains et ses bridges (qu’on retrouve dans les 3/4 des morceaux de Knock Madness), la palme de l’horreur étant unanimement décernée à Still Got Love For You qui est vraiment super mauvais. Le reste est également à chier et désagréable.
Passé ces défauts, on a un bon album qui est assez bien rappé, notamment sur Hip Hop Sinister et on a le droit à quelques démonstrations de flow plutôt plaisantes. A ne pas écouter d’une seule traite et en skippant les refrains.