Made To Break – Lacerba (2013)


Cet album est sorti sur l’excellent label portugais « Clean Feed », son enregistrement représente une étape décisive dans la vie du label puisqu’elle coïncide avec l’anniversaire de sa dixième année. Cependant la sortie physique sera ultérieure, deux ans environ, le temps de boucler le projet. Il est à noter que c’est le premier vinyle du catalogue, et qu’il n’est sorti que sur ce format. Probablement sur une base d’un tirage assez optimiste, car on en trouve encore aujourd’hui neufs, sous cello, pas le violoncelle (je précise pour éviter les récidives) …


« Made to Break » ce n’est pas n’importe qui, Ken Vandermark est aux saxophones, baryton et alto ensuite, il est également le compositeur des deux titres, un par face. Christof Kurzmann est signalé au « Lloopp », comprendre à l’électro, c’est lui l’homme des machines, il joue un rôle important dans cet album, bien qu’il soit tout de même dominé par la présence tentaculaire du grand saxophoniste étatsunien. Devin Hoff est à la basse électrique et Tim Daisy à la batterie.


« Lacerba » n’est qu’une première étape pour cette formation qui va prendre une grande ampleur au fil du temps qui passe. Quelque part entre free-jazz et improvisations d’un côté, mélangé aux expérimentations électro, frayant avec la musique contemporaine à la John Cage. Mais la musique reste chaude et vive, jamais anesthésiée par le poids des machines, à certains moments c’est même assez funky, la rythmique sait impulser cette dynamique dansante qui emmène et balance.


Ce mélange entre radicalité et groove permanent est assez unique. A ce jeu Vandermark gagne une stature impressionnante, même s’il ne reste que l’un des quatre de cette communauté musicale. Christof Kurzmann est autrichien, il a même créé un petit label indépendant, c’est également un homme engagé, objecteur de conscience, il apporte ici un côté ambient, une touche plus « européenne », électro et minimaliste, il aime rester dans l’ombre pour tisser ses toiles.


L’album a été enregistré lors des trois journées du festival au « TBC » de Lisbonne, en novembre 2011. A l’origine « Lacerba » était un mouvement littéraire italien qui tournait autour d’une revue dont c’était le nom. Picasso, Apollinaire ou Mallarmé y ont contribué, le thème principal se concentrait autour de l’avenir et du futur en général. A cette lumière, on comprend mieux l’esprit de cet album, de ce mélange jazz/funk/électro qui file vers du coup vers un véritable « futurisme », cette fois.


Vraiment un album attachant !

xeres
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le 19 mars 2026

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