Lazare
7.5
Lazare

Album de Principles of Geometry (2007)

Lazare est un bras d'honneur à tous ceux qui rêvent de la dématérialisation complète de la musique. Car le duo français, pourvoyeur d'une musique nocturne et ultra synthétique, utilise au mieux le support visuel pour créer, avant même l'écoute de leur musique, une ambiance forte, prégnante, qui invite tous les sens à se mobiliser.
Ces femmes nues, on veut les toucher; ce lieu magique, sorte de Paradis décomposé (Lazare, titre superbe et terriblement évocateur n'a certainement pas été choisi par hasard), on veut le sentir, le voir. On veut, finalement, dès le départ, goûter ce que ressent cette famille bizarrement mixte, où le père est absent, où les enfants sont libres dès qu'ils ont l'âge de marcher.


Enfin on veut entendre. Et bien sûr, on est surpris par les notes que mettent les Principles Of Geometry sur ce cadre fabuleux. Heureusement, pas de casse-tête mathématique à l'horizon, l'électronique du duo reste abordable, même si elle ne fait aucune concession. Ainsi, immédiatement enjôleuses, les mélodies glissent pourtant rapidement entre les doigts, et on se laisse ensuite plus porter par une atmosphère ou des textures sonores que par leur structure même.
Tour à tour violentes ("Titan", "Interstate Highway System", "Prophet") tendues ("Napoleon", "Golem", "Corvo Sulla Città") ou élégiaques ("Matin", "Shaberhill", "Charles & Ray" ou "Messiah") les morceaux restent définitivement ancrés dans les années 80, ses sons analogiques et ses basses acides.


Quelques voix s'invitent, dont celle de Sébastien Tellier au vocoder, de Vast Aire et de Hangar 18 (rappeurs américains)... Elles contribuent au côté résolument étrange de l'entreprise, dont on ne saurait dire si elle est plus proche de la pop, de l'électronique ou de l'expérimentation. Au final, la musique de Lazare est à l'image ce cette fameuse forêt, coeur de ce deuxième album des Principles Of Geometry: foisonnante, inquiétante, charnelle et bienfaisante.

Francois-Corda
8
Écrit par

Créée

le 28 août 2018

Critique lue 106 fois

François Lam

Écrit par

Critique lue 106 fois

D'autres avis sur Lazare

Lazare

Lazare

7

MarcPoteaux

1124 critiques

Critique de Lazare par Marc Poteaux

A l'heure où la musique électronique n'est plus évoquée dans nos médias chéris qu'à travers une nouvelle danse identitaire, permettant à tout un chacun d'être hype en faisant de grands gestes plus ou...

le 17 déc. 2012

Lazare

Lazare

8

Cademille

6 critiques

Je dis oui !

Après plusieurs écoutes, je peux le dire haut et fort, cet album est bien mieux que le précédent. On sent toujours leur style bien inspiré de la science fiction d'antan mais l'évolution est là et...

le 22 juil. 2012

Lazare

Lazare

8

Francois-Corda

1034 critiques

Etourdissement électro pop

Lazare est un bras d'honneur à tous ceux qui rêvent de la dématérialisation complète de la musique. Car le duo français, pourvoyeur d'une musique nocturne et ultra synthétique, utilise au mieux le...

le 28 août 2018

Du même critique

Persepolis

Persepolis

4

Francois-Corda

1034 critiques

Critique de Persepolis par François Lam

Persepolis, ou une sorte d’idéal bobo gonflant qui enterre tous les enjeux (la révolution sous-jacente en Iran, l’expatriation, l’adolescence torturée), le tout relayé par cette enfant dont...

le 16 sept. 2018

Les Chambres rouges

Les Chambres rouges

4

Francois-Corda

1034 critiques

Les siestes blanches

La salle de procès qui introduit Les Chambres rouges est d'un blanc immaculé et incarne aussi bien l'inoffensivité de son propos que le vide existentiel qui traverse son héroïne Kelly-Anne. On ne...

le 24 janv. 2024

Civil War

Civil War

5

Francois-Corda

1034 critiques

Critique de Civil War par François Lam

En interview dans le numéro d’avril de Mad Movies, Alex Garland se réclame d’un cinéma adulte qui ne donnerait pas toutes les clés de compréhension aux spectateurs, à l’instar du récent Anatomie...

le 21 avr. 2024