Chruch - Le corps du triste
Un album paru en octobre 2019 qui a mis un peu de temps à venir jusqu’à moi, il y a un tirage de trois cents exemplaires et le chemin qu’ils suivent pour se déverser entre nos deux oreilles est long, lent et tortueux. Finalement rien d’anormal, le contraire (une surprise à la Błoto) eut été surprenant, c’est plutôt l’exception.
Ici rien n’est fait pour vous plaire, la magie hypnotique qui peut se saisir de vous et pénétrer votre mental n’est accessible qu’aux âmes moribondes, perdues dans des mondes tristes et glacés. Possiblement, si vous aimez le noir, quand il est froid, les vieux airs chantés par les esprits de la Scheulte quand elle s’écoule à travers bois, à certaines heures pâles de la nuit, comme un vieux folk dégénéré qui se meurt au coin des lèvres, alors, oui, ça peut…
Des drones, des rythmes parfois, c’est le royaume de Pascal Lopinat. Pia Achternkamp compose, des airs, des chants qu’interprète Ida Friis avec une voix venue des fjords froids du nord de la Norvège, tout là-haut. Augustin Rebetez, un autre sorcier, chante également, avec une voix qui creuse et caverne.
Un album minimaliste qui semble prendre racine dans le fond des âges, un univers onirique un peu hors du temps commun nous est proposé, pour une balade vers un ailleurs étrange où il fait bon vagabonder.