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Une nuit, il y a déjà quelques temps de cela, je suis sorti de chez moi, et j’ai simplement marché dans la rue, mon casque aux oreilles.

Un détail, peut-être sans importance, mais qui a sans doute aussi participé à donner à cette nuit l’intensité qui fait qu’elle perdure dans mes souvenirs de manière presque aussi vive qu’au moment où je l’ai vécue, c’est que les rues étaient presque entièrement noires. Les lampadaires éteints, seules les étoiles et la lune éclairaient le monde.

J’ai lancé Sleep, et j’ai marché le long des rues. Mon regard se portait sur différentes choses : les maisons, de grandes masses sombres, dont mon souvenir n’a gardé que les silhouettes ; les arbres, qui apparaissaient entièrement noirs sur fond de ciel étoilé ; la ville, au loin, avec toutes ses lumières éparses qui éclairaient, ici et là, le paysage et allaient jusqu’à l’horizon ; et enfin, le ciel, les étoiles, et la pleine lune dont la lumière se reflétait, solitaire, sur les alentours.

Il y a un moment en particulier, dans ce morceau – je ne dirais pas lequel, mais tous ceux qui le connaissent bien se doutent très certainement du moment en question – qui a provoqué en moi une effusion, le jaillissement d’une émotion intense, insoutenable même. Et alors, j’ai couru ; le long de la rue déserte et sombre, j’ai couru de toutes mes forces, me dirigeant vers un horizon que je ne pouvais sans doute pas moi-même me représenter, peut-être même celui-ci se trouvait-il au milieu des étoiles – et, dans ce cas, ma course n’en était que plus vaine.

Alors l’intensité est tombée, et je me suis écroulé sur l’asphalte, épuisé, le regard perdu dans le ciel. Et cette douce mélodie, qui dessinait des motifs dans ma tête et faisait danser les étoiles, elle revenait sans arrêt, se répétait. Après avoir été atteint par une telle masse d’énergie, peut-être l’air autour de moi était-il devenu plus léger, peut-être allais-je m’envoler au ciel ? Même pas. Je suis resté allongé à terre, attendant vainement que l’air me soulève. Tout s'était envolé, sans moi.

C’est trop nul d’être humain.
Waltari
10
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