Howard Riley - Live With Repertoire - (2013)
Howard Riley est un pianiste anglais qui a bénéficié d’une formation classique puis qui s’est orienté vers le jazz, il a beaucoup enregistré mais ne bénéficie pas d’une très grande notoriété, bien qu’il soit très connu dans son pays. J’ai déjà parlé d’un petit coffret le concernant page six, des enregistrements au long cours qui m’ont énormément plu.
Ici l’exercice est différent, il l’écrit à l’intérieur du livret dans une courte déclaration où il explique qu’en concert il aime partir de rien et improviser, mais que parfois il joue des pièces du répertoire jazz et parfois fait les deux. Ici le titre clarifie tout ça.
Mais, en fait, là n’est pas le problème en réalité, Howard aborde la cinquantaine, en 2013, avec ce qui représente le pire cauchemar pour un pianiste, il n’arrive plus à jouer à cause de la maladie de Parkinson. La médecine fera beaucoup pour lui, il n’est que d’écouter cette merveille d’album pour s’en convaincre, le premier qu’il enregistre après son drame. Faire appel au « répertoire » semble raisonnable et circonscrit la concentration sur des efforts d’une durée limitée.
Il joue quatre de ses propres compositions, trois standards dont « Body and soul » et surtout cinq morceaux signés Thélonious Monk qui le plongent certainement dans son passé, dans les moments où il travaillait sur son clavier pour percer et analyser la démarche du moine. C’est vraiment du grand art et une leçon de piano qu’il nous donne, l’impression étrange d’entrer dans la tête de Monk et de faire du Monk à partir des compositions de Monk ! Du Monk au carré, en quelques sorte. Bon, il est certain que tout a été analysé, disséqué et standardisé depuis, des grands musiciens comme Steve Lacy sont passés, mais il n’en reste pas moins que ce qu’on entend ici est très surprenant, particulièrement sur « Round’ Midnight » dont on pensait connaître tous les secrets.