Noah Howard Quartet – Live At The Unity Temple – (2000)


Cet album est le tout premier enregistré par le label « Ayler Records » fondé par le suédois Jan Ström. Comme l’indique le titre c’est une captation de concert, effectuée à l’Unity Temple de Chicago, le neuf septembre quatre-vingt-dix-sept. Sa sortie est alors annonciatrice d’une tournée à venir en Suède.


C’est du très bon free de haute volée, Noah Howard est le leader de la session, il joue des saxos alto et ténor, le remarquable Bobby Few est au piano, Wilber Morris est à la contrebasse et Calyer Duncan à la batterie. Le son est très convenable tout au long du set, nous projetant sans difficulté au milieu de ce concert, pendant soixante-cinq minutes et quelques, le temps d’une bonne immersion, seul Wilber Morris serait en droit de se sentir lésé par la prise de son qui ne l’avantage pas, le laissant parfois un peu éloigné.


La première pièce, « The Blessing », qui ravive les accents de la spiritual music, est signée de Noah Howard, comme toutes les autres sur l’album. L’opportunité de goûter au talent de compositeur du saxophoniste. Un peu plus loin on peut entendre « Schizophrenic Blues », une autre pièce emblématique du saxophoniste, ici hypertrophiée, pendant près de dix-neuf minutes, le temps d’en faire le tour, elle ne fait qu’une avec « Lovers » qui lui sert d’introduction.


On peut apprécier le jeu de Noah Howard, souvent à l’alto, mais également au ténor un peu plus loin, son jeu est précis, parfois incisif, il tricote autour des thèmes qui se découpent aisément dans la masse, il est souvent lyrique et se plaît dans les notes longues.


Il fait partie des grands noms du free d’alors, ici bien après la scène loft de New York. L’influence coltranienne est encore présente, ce lien vers ce passé glorieux fait partie du charme de l’album, mais on pourrait également citer Ornette, ces rappels vers les saveurs anciennes se font par bribes, bien digérées par Noah qui dévoile un style personnel et attachant.


C’est sur la pièce suivante que s’entend le ténor, sur « Lightning Rod. Part 1 » de près de vingt-trois minutes, Noah en joue habilement, en descendant souvent vers les sons graves, histoire de goûter au côté sombre de l’instrument. C’est également une façon d’en faire sortir l’énergie, quand par contraste, il expose quelques notes dans l’aigu.


La seconde partie de « Lightning Rod. » ferme ce bel album, premier d’une longue série qui dure encore, mais sous la direction de Stéphane Berland, depuis deux mille neuf, en France.

xeres
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le 21 juin 2025

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