J'ai le Cd mais je vous mets la pochette du vinyle beaucoup plus réussie.


S’il y a une chose certaine à propos de Julius Hemphill c’est qu’avec le temps, il est devenu une référence pour les musiciens ou les commentateurs qui l’ont écouté. Ainsi, on compare à son jeu, à son style et à la liberté qu’il souffle. Ses albums sont cités, il est dépositaire d’une œuvre, pas très longue en vérité, car il nous a quitté tôt, en quatre-vingt-quinze, mais il pèse, et de plus en plus. Il a souvent aimé jouer aux côtés d’Abdul Wadud, le violoncelliste, celui-là même qui jouait avec le Black Unity Trio, sur l’album « Al Fatihah » dont je vous ai parlé.


Il va encore être question d’une très belle complémentarité, il faudrait même inventer un autre mot pour décrire ce qui se passe entre deux musiciens, quand tout se passe avec un feeling extraordinaire, bien au-delà d’une simple complicité, enfin tu me comprends.


C’est arrivé à « La Mama Workshop », à New York, on connaît le jour, le vingt-huit mai 1976 et ce sont les italiens qui ont sorti l’album, si ceux-là s’ils n’existaient pas il faudrait les inventer, tant ils ont fait pour le jazz vivant. Je dis ça, car beaucoup vivent du jazz mort, ou même font revivre le jazz des morts, c’est plus lucratif, mais ne soyons pas trop amers, car il est mort le pauvre Julius, avec son jazz vivant qui reste tellement actuel, cet album pourrait sortir aujourd’hui et il serait encore d’avant-garde.


C’est comme ça, y’a des morts d’avant-garde dont la musique est toute neuve, c’est pas que la musique piétine, mais il est parfois difficile de la saisir dans ce flot de sons qui s’envole autour de nous, alors on écoute la même musique qui se rejoue et on adore ceux qui ont un « gimmick », c’est souvent suffisant pour faire une carrière. C’est un peu triste et injuste aussi, mais c’est notre monde, celui dans lequel on se dépatouille.


Putain qu’il est beau cet album, ils sont forts tous les deux, ce sont des poètes, des magiciens du temps ou plutôt d’outre-temps, créateurs d’une dimension spécifique pour écouter leur musique, un p’tit coin à part où on se sent bien, un paradis pour les athées et les croyants, un pt’it nuage cotonneux où on se laisse partir…


Et, en plus, y’a un effet bonus, ça recommence quand on le repose sur la platine, l’effet est reproduisible, si, si, allez, encore…


xeres
10
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le 19 janv. 2026

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