Rob Burger – Lost Photograph – (2002)
Voici un album de l’accordéoniste Rob Burger que l’on a pu entendre aux côtés de John Zorn, c’est toutefois son premier album sur Tzadik. Il est paru dans la « Radical Jewish Culture » ce qui signe par avance un album de musique « klezmer », musique hybride née en Europe et constituée d’un mélange entre musique orientale et musique d’Europe centrale ou de l’est, on y entend le « yiddish », langue de mélange également.
Rob Burger joue des folklores, comme du tango sur le titre d’ouverture « Inzihuat », c’est un multi-instrumentiste invétéré, il ne cesse de changer d’instrument tout au long de l’album, la liste des instruments qu’il utilise est longue comme le bras…
Il joue du piano, piano préparé, et de jouets avec claviers, de l’orgue à pédales, du célesta, du glockenspiel, du chamberlin, de l’orchestron, de l’orgue Hammon S-6, de la boîte à musique, de l’harmonica basse, du banjo indien et j’en passe…
Il est accompagné par deux familiers de John Zorn, Greg Cohen à la basse et Kenny Wollesen au vibraphone, à la batterie et aux percussions. Ce goût pour les instruments anciens se conjugue également avec celui de l’improvisation, ce qui augure une musique où s’entend le plaisir de jouer, les trois se font plaisir tout au long des quatorze pièces qui se suivent.
Elles sont d’une durée courte ou moyenne, toujours travaillées et structurées, dans l’esprit jazz mais dans le chant des folklores, il est vraiment difficile d’extraire une pièce ou l’autre, tant l’ensemble est d’un haut niveau qualitatif. Le répertoire est signé principalement par le multi-instrumentiste.
On y trouve cependant deux chansons traditionnelles, « Dem Monastrishter Rebin’s Chosid’L » et « Aveenu Malkenu » ainsi qu’une reprise du « Youkali » de Kurt Weill, pièce déchirante qui chante l’espoir se buttant à la fatalité.
On peut également souligner quelques originaux qui soulignent les talents du trio, comme « Arturo, the Aqua Boy », « Constantinople », « The Couch Episode » ou « Inzihuat » qui ouvre l’album et « The Cantor & His Grandson » qui le ferme.
Reste à souligner l’emploi de « l’overdubbing », c’est-à-dire à la superposition de plusieurs pistes qui permettent d’obtenir un son orchestral plus important, un chouette album !