Erik Truffaz Quartet – Lune Rouge – (2019)
Un album assez réussi du « son » mis en bouteille par Erik Truffaz. Ce dernier possède une signature et un style assez consensuel qui plaît au public, une sorte de jazz atmosphérique, avec des repères mélodiques assez simples et une rythmique sans faille. Erik est habile et se plaît dans cette formule qui lui assure un certain succès.
Il ne faut pas croire qu’il soit si aisé de réussir sur un modèle qui paraît au premier abord assez simple, il faut de l’expérience et du talent pour arriver à une telle synthèse, mais, reconnaissons-le, ça fonctionne plutôt bien. Il y a un autre élément, qui n’est pas présent sur cet album, mais qui assure au trompettiste une autre partie de son succès, c’est sa grande ouverture d’esprit, il est toujours prêt à s’ouvrir aux autres et à partager la scène pour concrétiser des rencontres, par exemple avec le "rappeur" Nya au Festival de Montreal, ou bâtir des spectacles musicaux autour de projets, comme celui autour du dessinateur de BD Enki Bilal.
Concernant cet album, voici ce qu’il dit : « Nous avons confié les clés à Arthur Hnatek et lui avons demander de composer le matériel de base sur lequel le quartet a pu travailler le son, arranger puis déranger les éléments ». Hnatek est le batteur de la formation, il joue également du synthé. Son travail semble décisif pourtant les titres sont crédités au quartet en entier.
Il faut sans doute comprendre que ce qui fait la spécificité la plus importante de cette musique c’est, outre l’interprétation, le travail sur le son et les arrangements. Il y a cependant deux reprises, une chanson fort réussie, le troisième titre, « Reflections » avec Jose James au chant, et une autre, le titre neuf, « She’s The Moon » avec la voix d’Andrina Bollinger. Truffaz étant suisse, ça a été enregistré au studio du Flon à Lausanne. Marcello Giuliani est à la basse, Benoît Corboz joue du Rhodes, des synthés et du piano.
L’album est très bien distribué et se trouve à prix réduit un peu partout, pour ma part je possède mon exemplaire depuis pas mal de temps, alors si l’envie vous vient, profitez-en. Il n’y a rien de révolutionnaire mais un habile savoir-faire que l’on a pu remarquer à nouveau dans les deux derniers albums du trompettiste, autour du thème des musiques de film.
Pour avoir vu quelques concerts télévisés, je vous engage également à vous y rendre s’il passe par chez vous, le public est souvent très réceptif à son jazz-électro très bien ficelé… les titres les plus remarquables sont les titres chantés, qui saisissent d'emblée, mais aussi les instrumentaux, très habiles, « Reflexions », « Cycle by Cycle », « Lune Rouge », « Tanit », « Nostalgia » …