Nicole Mitchell est née en 1967, c’est une flûtiste et compositrice de jazz, habitante de Chicago, elle a été également présidente de l’A.A.C.M., qui œuvra tant pour le renouveau du jazz. Voici un de ses albums les plus emblématiques « Mandorla Awakening II: Emerging Worlds » qui sortit sous la forme d’un double LP en 2017. Beaucoup tiennent cet enregistrement pour son meilleur, ayant un peu parcouru sa discographie je manque cependant encore du recul nécessaire pour émettre un avis valable et compétent, mais c’est bien possible, bien qu’il y ait de bien belles pages qu’il faudrait encore partager.
Elle est souvent rattachée au courant de « l’afro futurisme », créé sur le tard, à mon avis pour des raisons mercantiles. On y trouverait principalement Sun Ra et Alice Coltrane, des peintres, des danseurs et des écrivains, et donc Nicole Mitchell. Bon, franchement on peut faire sans.
L’album a été enregistré en mai 2015 au « Museum of Contemporary Art » de Chicago. L’œuvre s'inspire d'un récit de science-fiction écrit par Nicole Mitchell elle-même. Il raconte le voyage d’un couple entre deux civilisations, une qui prône le bien et l’autre le mal, le féminin d’un côté et le masculin de l’autre, pour faire vite.
Je passe à la musique car l’album est formidable, il semble « massif » tellement il est riche de toutes choses, une impression d’immersion dans une abondance de créativité. L’album est captivant, il nous tient, nous retient et ne nous lâche plus jusqu’à sa fin. Il est d’une variété extraordinaire, se renouvelle sans cesse, ne recule devant aucune audace sans jamais tomber dans l’agressivité. La musique voyage, dans le psychédélisme dès l’ouverture, puis glisse vers la mystérieuse musique japonaise et les secrets de l’orient…
Plus loin sur la face deux on côtoie le classicisme de la musique européenne, et, dans le même temps des motifs nippons. Il faudrait également parler des extraordinaires musiciens, de la flûte de Nicole qui illumine l’album, elle est d’ailleurs multi récompensée aux USA pour les distinctions concernant les meilleurs flûtistes de jazz.
Le second album est un peu plus « roots » et rencontre les rythmes de l’Afrique. Trois longs poèmes, habités, descriptifs et propices à faire naître des images sont lus par « avery r young », tandis que blues, funk et gospel se mélangent aux sonorités électros pour nous émerveiller encore et encore…