The Ghouls, The Papa and The Cult.

Avis sur Meliora

Avatar Lucas Hueber
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Deux ans après Infestissumam (si on excepte l'EP de reprises If You Have Ghost), Ghost nous renvoie danser avec les démons des années 70. Leur signature sonore, depuis le début (en 2010, donc), c'est bel et bien cet aspect un peu rétro, un peu dépassé mais tellement jouissif. Du glam metal mais du glam satanique (un bien grand mot un peu galvaudé, je dois vous le dire), avec une touche de sordide qui fait toute la beauté du groupe (notamment les ambiances à l'orgue, comme sur Spirit).

Ghost s'est chargé de reprendre, presque au pied de la lettre, l'héritage laissé par Black Sabbath il y a de ça 45 piges, le côté résolument satanique (et un brin gentillet mine de rien), notamment sur l'intro de Cirice. En plus de ça, Ghost rajoute le côté messe noire avec, pêle-mêle, la présence de choeurs, des paroles en latin et, évidemment, un imaginaire scénique qui n'oublie rien (Papa Emeretus si tu nous entends).

Comme à chaque album du groupe, on se retrouve face à un mur de son, mi-metal, mi-pop, un espèce d'hybride qui n'existe que dans la tête de ceux qui ont été contactés par le Malin dans sa conquête du pouvoir. Je pense que ce son, qui tient autant d'ABBA que de Black Sabbath est particulier et que peu de groupes peuvent prétendre en faire quelque chose de construit et de cohérent, mais surtout écoutable sur le long terme (et en boucle). Ce que fait très bien Ghost.

Il y a des morceaux qui sortent vraiment du lot. Je pense au magnifique He Is, Cirice avec son solo qui botte des culs, la grandeur d'Absolution, la construction de l'intro de Deus in Absentia, qui fait penser à un tango. Chaque morceau a sa propre force, chaque morceau est un petit moteur qui fait avancer l'album à une vitesse folle.

Meliora est sans doute l'album majeur de Ghost, sans aucun morceau faible, sans aucun morceau chiant. Pris dans la globalité de l'album, chaque morceau est une tuerie, ce qui n'était pas forcément le cas en single (je pense notamment à From The Pinnacle to the Pit, qui se révèle être une sacrée bombe au final). Les petites interludes instrumentales comme Spöksonat ou Devil Church tombent à point nommé et coupent cet album en trois parties, ce qui facilite encore l'écoute de l'album.

Le seul gros point noir de cet album, c'est sa durée. C'est vraiment, mais vraiment trop court pour des morceaux de cette qualité. Plus on les écoute, plus ils sont géniaux et plus on en veut. Le cercle vicieux de la dépendance. Quarante petites minutes. Vraiment pas assez pour un groupe de cet acabit. En trois albums et un EP, le groupe a réussi à imposer sa patte dans le monde du metal et à apporter quelque chose de novateur dans un monde aussi hermétique celui des fans du genre.

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