Dave Burrell – Momentum (2006)


Le trio toujours, avec cet album du grand Dave Burrell pour un classique piano, basse, batterie. Le jeune batteur Guillermo E. Brown est épaulé par Michael Formanek à la basse pour former deux des trois points du triangle. L’album, enregistré en 2005, est paru l’année suivante sur le label « High Two », il ne contient que très peu de renseignements, mais indique tout de même que l’intégralité des compositions sont toutes signées du leader.


L’approche est beaucoup plus tellurique que sur l’album de Søren Kjærgaard cité plus haut. Ici on touche la terre et on remue le sol en retrouvant les racines. Dave Burrell se plaît à escamoter le temps pour situer sa musique dans une temporalité autre, sans âge, à la fois d’hier et d’aujourd’hui, ancrée dans le sol, mais dissonante parfois.


Il semblerait que les trois premiers titres aient été écrits dans l’intention de compléter, ou restaurer, la bande son d’un film français, muet, des années vingt, ce qui pourrait expliquer une écriture plutôt simple, parfois dramatique, propice à mettre en avant des images.


A l’écoute attentive, c’est très vraisemblable, musique écrite pour une B.O, pour autant, la musique est vraiment très réussie, une entrée en matière pleine de suspens avec « Downfall », suivie par « Broken Promise » et son thème qui insuffle l’inquiétude et le mystère, avant que le n’arrive le drame sur « Fade to Black », qui suggère la tristesse et le regret. Musique intemporelle, il est vrai…


La quatrième pièce « 4 :30 To Atlanta » est propice à faire émerger les qualités du jeune Guillermo E. Brown à la batterie, lui qui a joué avec David S.Ware et William Parker, avant de se fixer plus longuement en compagnie de Matthew Shipp. Le voici sur cette pièce, élevé au rang de soliste face au rythmicien Burrell, il nous montre ainsi l’étendue de son savoir-faire, bien secondé par Michael Formanek.


Ce dernier fait merveille sur le titre suivant « Cool Reception », magnifique blues, à la fois élégant, distingué avec ce je ne sais quoi de désespéré qui prend aux tripes, peut-être cette impression de fuite et de tourbillon qui précède le ralentissement et les discordances…


Après un « Momentum » grave, magnifique et ombrageux, « Coup d’Etat » termine ce superbe album qui connut un certain succès lors de sa sortie, ce qui est mérité, un des sommets de la carrière de Dave Burrell !

xeres
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le 17 mars 2026

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