Magnifique détournement de l’une des plus célèbres pochettes de la musique de jazz, l’album « Underground » de Monk sorti en 68. Thelonious se voit ligoté sur une chaise à la place de l’officier allemand sur la pochette originale. Cependant la farce ne s’arrête pas là, l’album se nomme « Monk ‘N’Roll » et la pochette n’est que le premier pas d’une vaste et ludique entreprise de détournement musical.
C’est le quartet Tinissima, formé sous la houlette de Francesco Bearzatti (sax ténor et clarinette) qui entreprend de fusionner la musique de Monk avec quelques pièces rock parmi les plus célèbres qui soient, s’essayant avec malice au mariage de la carpe et du lapin. Ainsi les « Misterioso », « Round Midnight », Brilliant Corners », « Blue Monk » ou « Criss Cross » et d’autres encore vont-ils frayer avec « Billie Jean », « Walkin on the moon », « Back in Black », « Immigrant Song » ou « Walk this way » … Chacun s’apercevra que Queen, Led Zeppelin, Police, Pink Floyd ou AC/DC ne sont pas si loin que ça de l’univers de Monk !
En plus de Francesco Bearzatti, Tinissima regroupe d’autres musiciens italiens, Giovanni Falzone à la trompette, Danilo Gallo à la basse et Zeno de Rossi à la batterie et aux percussions. On s’en doute, le jazz ne suffira pas aux musiciens pour faire passer la sauce, il va falloir s’électrifier et utiliser des effets pour réussir les glissements vers la musique rock ou pop, au final mission réussie pour un hommage ludique peu banal !