Un album en leader, sorti il y a environ un an, de la part du vocaliste Dwight Trible. Je me suis procuré la version « Cosmic Vinyl » limitée à 500 copies sans trop savoir que je faisais une connerie. Certes ils sont beaux avec toutes ces couleurs vives, et ils pèsent leur poids, on sent l’objet qui plaira au discobole lanceur d’engins.
[ Hors Sujet: Du coup les magnifiques sous-pochettes sont perforées sur trois côtés, mais ce qui me gêne davantage c’est la qualité du pressage, particulièrement du premier album qui frôle à peine le VG+, difficile de se sentir ému par la voix de Dwight, tout en pestant dans le même temps contre le bruit de fond qui se libère sous l’assaut du saphir, très perceptible pendant les moments calmes … Un Cd aurait certainement mieux fait l’affaire. Plus inexplicable encore, comment constater que le second vinyle, sans être exempt de tout reproche, ne libère que des craquements épars, moins gênants. Je me permets de vous faire part de mon expérience, je serais fâché de recommander un enregistrement dans un format qui pourrait décevoir.]
Car je recommande vivement l’album, Dwight y est solaire et interprète les chansons en y mettant son cœur, sa technique et ses convictions. Le cœur en premier, le reste suit et l’interprétation est toujours convaincante, se promenant dans les genres, entre ballades, soul, pop, gospel et standard jazz. Les musiciens accompagnent, portent et emmènent la voix, lui volant assez rarement le premier rang et se montrent très respectueux envers l’ancien, personne ne cherche à lui voler la vedette. On remarquera le magnifique "Brother Where Are You".
La liste des musiciens est conséquente, Kamasi Washington (sax ténor), Maia (harpe), Marl de Clive-Lowe (piano), John B. Williams (contrebasse), Ramses Rodriguez (batterie), Miguel Atwood Ferguson (alto) ainsi que Derf Reklaw et Carlos Nino (percussions).
Toutefois, le format strictement « chanson » qui préside ici constitue une sorte d’entrave dont Dwight a su se libérer lors de son dernier album en compagnie du groupe italien Astral Travel, qui laissait une part beaucoup plus importante à l’improvisation et à un traitement plus moderne au niveau du son.