Terry Riley – Music For The Gift – (2000)
Je dépasse un peu ma sphère de confort avec cet album de Terry Riley, ouvert sur la musique concrète et le monde expérimental. Toutefois je conserve quelques billes, car certains ici, me sont plus familiers, particulièrement sur le morceau titre, « Music for the Gift », enregistré en direct à Radio France, à Paris, en soixante-trois…
C’est une suite en cinq parties, Terri Riley est le compositeur, il joue également de ses bandes magnétiques. Il y a également un trompettiste de renom, rien moins que Chet Baker lui-même, et c’est formidable ! Luis Fuentes est au trombone, George Solano à la batterie, Luigi Trussardi à la contrebasse et John Graham est la voix de « She moves », sur les parties deux et trois. L’apport de Chet Baker est crucial, particulièrement sur la partie une et la partie cinq, où la complicité avec Terry Riley est à son apogée.
Les amateurs de Riley trouveront sur cette œuvre de jeunesse des apports pour ce qui concerne le travail sur les bandes magnétiques, comprendre ce qui touche aux « échos », et au coupage/collage qu’il utilise à profusion également, pour de multiples effets, souvent combinés, qui impressionnent.
La seconde pièce est Bird of Paradise, en cinq parties également, cette fois-ci pas de jazz pour se raccrocher aux branches, mais un Terry Riley qui manipule les bandes avec des collages, des créations de boucles, des répétitions à n’en plus finir, et déjà le minimalisme qui pointe et prend de l’importance.
Nous sommes en soixante-cinq, à San Francisco, au domicile de Terry où se trouve également un piano et des bandes magnétiques qu’il triture avec science. On entend quelques voix liées à son entourage. On note la recherche et l’apparition d’un solide groove qui va bien, et qui fait pencher l’album côté populaire, malgré le côté très radical de la démarche…
C’est ensuite le quart d’heure de « Mescalin Mix » avec Terry et ses bricolages, assisté de la mesca, oui, oui… Il y a également Lynn Palmer, Mike Mack et John Graham qui font les voix. C’est un travail de collecte réalisé entre soixante et soixante-deux, puis de mixage, assemblage et collage. On pourrait également dire que c’est un résumé de ses expériences avec la mescaline, délirant, à base de sensations et du ressenti…
La dernière pièce, « Two Piano’s and five Tape Recorders » date de mille neuf cent soixante elle a été captée en public au « Hertz Hall » du Campus de Berkeley. C’est un duo qui rassemble Terry Riley et La monte Young, une pièce d’importance, on y entend également un commentaire radiophonique humoristique dit par Glenn Glasow.