Marc Ribot Y Los Cubanos Postizos – ¡Muy Divertido! (Very Entertaining!) – (2000)
Comme on peut l’entrevoir à la lecture du nom de la formation présentée, il existe plusieurs Marc Ribot, ou s’il n’y en a qu’un, il possède plusieurs faces. Il n’en fallut pas plus pour que je m'enquisse (cool) de cet album aux parfums latins et afro-cubains.
Je tombais rapido sous le charme, dès le second titre, « « Las lomas De new Jersey », j’étais aux aguets… Puis au titre suivant voici que renaissent les fantômes du groupe Santana, oui, celui de mon adolescence, mais arrangé à la sauce Ribot, « El Gaucho Rojo » m’emmène dans les délices anciens, ça y est je tombe sous une redoutable et nouvelle addiction …
Bravement je tente de résister un peu, « Obsesión » et son tuba ne m’offre pas de répit, j’aime ces sons et suis prêt à me damner pour ces rondeurs qui pètent comme des bulles, c’est Marcus Rojas à l’œuvre et Ribot qui me cueille en fin de parcours avec sa gratte…
Certainement un peu de relâchement avec la suivante, « El divorcio », qui prête à sourire dès l’énoncé du titre, une passade sans histoire me dis-je, mais diable nom, rien que ces « El divorcio » chantés en cascade me font remuer, et la gratte après qui arrive, les congas et les percus des deux Rodriguez font mouche sans coup férir…
Je ne sais si ces derniers font partie de la descendance d'Arsenio Rodríguez, la légende cubaine des années quarante et cinquante, qui fit tant pour le genre, et à qui Ribot rend hommage sur cet album et sur le précédent, simplement nommé du nom de la formation.
Mine de rien cet album tient du grand art, notamment pour les parties de guitare de Ribot toujours impeccables, tout en échappant à la simple orthodoxie du genre, il réussit à toujours innover, allumer la flamme avec un brio exceptionnel, s’échapper vers un ailleurs inattendu et pourtant tellement juste où il faut…
Oui, c’est tout de même Monsieur Ribot, celui qui, un jour, se retrouva dans les studios avec sa gratte, aux côtés du grand Bashung qui n’en croyait pas ses oreilles…