Celui-ci fait partie des dizaines d’albums dont je voudrais vous parler mais qui sont chassés par un autre apporté par le facteur, ou bien par l’actualité, ou encore par une remarque ou une association artistique qui fait que…
Mimi la pochette, vous allez craquer, c’est sûr… Le titre « Never Mind The Future » sur fond rose, au verso la mention « To be played LOUD », et bien allons-y ! Et je pousse le son ! A l’intérieur je lis « All Compositions by Paul Cock/Steve Jones/Glen Matlock/John Lyndon » et « #13 by Jacques revaux/Claude François », ça c’est pour la reprise de « My Way », en souvenir de qui vous savez. Vous l’avez compris c’est l’intégralité du « Never Mind the Bollocks » qui défile ici, réinterprété et transformé par Sarah pour une lecture nouvelle.
N’espérez pas retrouver la furie punk de l’original sur cet album, à ce jeux tout le monde serait vaincu et la partie serait dite, non, on garde le fiel, la révolte et même une idée de violence qu’on emballe dans un nouveau paquet cadeau.
Certains se rappelleront peut-être que j’avais déjà évoqué Sarah Murcia lors de l’album « Habka » en co-lead avec Kamilya Jubran, cet enregistrement est antérieur d’un an, sorti en 2016. On retrouve notre bassiste qui chante également, mais ce rôle de récitant /vocaliste est surtout confié à Mark Tompkins, qui danse aussi, mais çà, ça ne s’entend pas… Olivier Py est au sax, Benoît Delbecq au piano, Gilles Coronado à la guitare et Frank Vaillant à la batterie, c’est-à-dire le groupe « Caroline » augmenté, du sérieux, quoi !
La réinterprétation n’exclue pas la conservation des mélodies et le côté jazz n’empêche pas la rythmique de puiser son énergie dans le rock grâce au duo Coronado/Vaillant, même si l’aspect punk est plus présent dans l’esprit que dans la violence brute. Ici ça joue des dissonances, des brisures rythmiques et ça s’échappe de l’orthodoxie spécifiquement rock, bien que perce nettement l’influence de Lou Reed dans le chant de Mark Tompkins, dans la manière de gérer le temps également, on étire bien au-delà des trois minutes.
Un album vraiment intéressant qui m’intrigue toujours autant et que je réécoute à chaque fois avec la même intensité.